Un tramway qui veut rouler sur les plate-bandes de l'automobile

TRANSPORTS Le tracé de la future ligne D du tramway de l'agglomération bordelaise, doit passer au beau milieu de la plus forte concentration de concessionnaires automobiles du secteur. Conflit d'intérêt…

Mickaël Bosredon

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Aucun bus ni tramway ne circulait vendredi dans l'agglomération bordelaise en raison d'une grève, suivie à "quasiment 100%" par les agents de Veolia Transport pour exprimer leurs craintes sur les conséquences sociales d'un éventuel changement d'opérateur, selon la direction.
Aucun bus ni tramway ne circulait vendredi dans l'agglomération bordelaise en raison d'une grève, suivie à "quasiment 100%" par les agents de Veolia Transport pour exprimer leurs craintes sur les conséquences sociales d'un éventuel changement d'opérateur, selon la direction. — Jean-Pierre Muller AFP/Archives

Ce projet de tramway veut vraiment prendre la place de l’automobile en ville. Le tracé de la future ligne D du tram de l’agglomération bordelaise, passera avenue de la Libération au Bouscat, le long d’une enfilade de concessionnaires automobiles. Une douzaine de marques se situent sur cette avenue, vendant chaque année quelque 10.000 véhicules, soit la moitié des ventes de l'agglo. Une présence gênante pour les travaux. Problème: où les faire déménager ?

Une deuxième réunion entre les élus de la communauté urbaine de Bordeaux et les concessionnaires aura lieu lundi 30 janvier. Christine Bost, maire d’Eysines où pourrait être implanté le futur parc automobiles réclamé par les concessionnaires, devrait y faire de nouvelles propositions. «Hormis Renault, les concessionnaires souhaitent être regroupés sur le même site, où l’on pourrait aussi implanter un institut de recherche et de formation. Ils anticipent l’avenir, leur démarche a du sens» explique Patrick Bobet, maire du Bouscat. Lui, estime «ne pas avoir d’emprise foncière pour les accueillir» et ajoute que «cela aurait peu de sens qu’ils restent le long d’une voie de tramway» où il imagine plutôt «des logements, des services et du tertiaire.»

Le maire espère que la situation va rapidement se débloquer car «nous avons déjà pris du retard. Il n’est désormais plus crédible de croire à un lancement des travaux au deuxième semestre 2014. Ce sera plutôt fin 2014.» Et si aucune solution n’était trouvée, «la CUB aurait alors à verser des indemnités colossales aux concessionnaires pour leur manque à gagner durant les travaux.»