La centrale du Blayais se dit prête pour la visite décennale de l'ASN

NUCLEAIRE Mis en service il y a trente ans, le réacteur numéro un de la centrale du Blayais sera l'objet en 2012 d'une inspection de l'Autorité de sûreté nucléaire, qui devra valider sa poursuite pour les dix prochaines années...

A Bordeaux, Mickaël Bosredon

— 

Le centre de controle du reacteur nucleaire de la centrale nucleaire du Blayais. A Braud et Saint-Louis, 26 janvier 2012.
Le centre de controle du reacteur nucleaire de la centrale nucleaire du Blayais. A Braud et Saint-Louis, 26 janvier 2012. — SEBASTIEN ORTOLA / 20 MINUTES

La centrale nucléaire du Blayais, en Gironde, se prépare à sa troisième visite décennale. En mars, le réacteur numéro un mis en service il y a trente ans, devra s’arrêter durant trois mois pour permettre une inspection approfondie menée par les agents de l’Autorité de sûreté nucléaire. Ils devront valider la poursuite de l’exploitation de ce réacteur à eau pressurisée pour les dix prochaines années. Les trois autres réacteurs de la centrale, d’une puissance de 900 MW chacun, seront inspectés à leur tour les trois prochaines années.

Etienne Dutheil, directeur de la centrale, est serein à l’approche de cette inspection. «La procédure a été validée en interne. Et le niveau «bon» en terme de sûreté nous a été renouvelé à la suite des inspections menées l’an passé.» L’ASN a mené vingt-trois inspections, dont une inopinée, en 2011. Les agents de l’autorité ont notamment mené une inspection poussée de quatre jours après le drame de Fukushima, portant principalement sur le risque inondation, et, malgré «quelques incohérences relevées» a jugé la maîtrise de ce risque «satisfaisante». Installée au bord de l’estuaire de la Gironde, la centrale du Blayais avait connu une inondation de ses sous-sols en 1999. Elle a depuis relevé sa digue, et installé un mur anti-houle.

Un arrêt automatique de réacteur en 2011

De son côté la centrale a déclaré trente-et-un événements «significatifs», mais sans gravité, au cours de l’année. Un arrêt automatique d’un réacteur s’est également déclenché, «suite à une erreur humaine. Un technicien s’est trompé de bouton. Ce sont des choses qui peuvent arriver au vu des milliers de manipulation qu’il faut effectuer dans l’année. Après le respect de différentes procédures, le réacteur s’est remis en marche au bout de quelques heures.» Le dernier arrêt automatique remontait à fin 2009.

Un incident qui n’a pas eu de conséquence sur le fonctionnement de la centrale. Celle-ci a produit en 2011 25,9 Twh, soit «120% de la consommation électrique d’Aquitaine, qui a encore augmenté l’an passé.» Mais toute l’électricité produite au Blayais n’est pas forcément destinée à la région. «L’origine de l’électricité en Aquitaine provient à 89% du nucléaire, à 8% d’énergies renouvelables essentiellement de l’hydraulique, et à 3% du fossile.» L’arrêt du réacteur numéro un en 2012 devrait diminuer «d’environ 3%» la production.