moral en berne dans le btp aquitain

Elsa provenzano

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Le bâtiment fragilisé par le contexte économique.
Le bâtiment fragilisé par le contexte économique. — GILE / SIPA

Petite forme chez les chefs d'entreprises aquitains. Malgré un bilan plutôt positif pour le dernier trimestre 2011, les entreprises marquent le pas en ce début d'année, en particulier dans le secteur du BTP. « Le feu passe au rouge en 2012, les entreprises sont très réticentes pour se développer et créer des emplois », observe Laurent Courbu, président de la CCIR, chambre de commerce et d'industrie d'Aquitaine. Il présentait, hier, la note de conjoncture à partir des tendances données par 1 400 chefs d'entreprises de la région.

Le bâtiment très touché
Un effondrement des marges, attribué à la hausse des matières premières, est observé en particulier dans le secteur de l'industrie et du BTP. Les investissements stagnent dans 47 % des entreprises du bâtiment interrogées par la CCIR. Et, les perspectives pour ce début 2012 se montrent peu réjouissantes puisque seuls 18 % des chefs d'entreprises de ce secteur envisagent d'investir contre 26 % au semestre dernier. Sur l'Aquitaine, les carnets de commandes évoluent peu et diminuent même pour 38 % des entreprises du BTP sondées par la CCIR. La situation varie selon les secteurs géographiques : dans les Landes et le Lot et Garonne, les chefs d'entreprises du BTP tirent bien leur épingle du jeu puisqu'on y compte deux fois plus de sociétés qui ont augmenté leurs chiffres d'affaires par rapport au 1er semestre 2 011. Dans le Bordelais, le Pays Basque et le Béarn, seul un tiers des entreprises y parviennent. La situation est plus critique dans le Libournais et en Dordogne.
« Le tableau global pour 2 012 est relativement triste », constate le président de la CCIR qui souligne que l'approche des élections présidentielles provoque un attentisme dans le monde économique qui impacte en particulier les entreprises du BTP. Un facteur qui explique le pessimisme des entreprises quant à l'épaisseur de leurs carnets de commandes. Dans ce contexte tendu, la chambre entend renforcer son accompagnement des entreprises, en les incitant par exemple à prendre des jeunes en apprentissage.