Le nouveau visage de la livraison

Transports L'explosion du e-commerce fait augmenter la distribution de colis en centre-ville...

Mickaël Bosredon

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Le Goupil (en haut) ou l'e-trotteur, de nouveaux modes de livraison en ville.
Le Goupil (en haut) ou l'e-trotteur, de nouveaux modes de livraison en ville. — S.ORTOLA / 20 MINUTESS.ORTOLA/20MINUTES

Une croissance de 20% par an et un chiffre d'affaires qui représente désormais 10 % du commerce en France: le e-commerce poursuit une progression exponentielle sur l'ensemble du territoire. Il devrait peser 37 milliards d'euros de chiffres d'affaires en 2011. Sur l'agglomération bordelaise, La Poste vient de battre un nouveau record avec 1,76 million de colis distribués l'année dernière, contre 1,53 million en 2010. La plateforme de Bègles par laquelle transite l'ensemble des colis entrant et sortant d'Aquitaine, en a traité quatre millions, contre 3,7 millions en 2010.

De la concurrence sur le secteur

Pour faire face à cet afflux, et répondre aux enjeux de développement durable imposés par les collectivités, la livraison prend un nouveau virage. « La Poste s'est inscrite dès 2008 dans un plan national transport » rappelle Olivier Baccialone, délégué au développement durable de La Poste en Aquitaine. Aujourd'hui, « 100% des colis dans l'hyper-centre de Bordeaux sont distribués par des véhicules électriques. » A savoir des Goupil, du nom de la société du Lot-et-Garonne qui développe cette camionnette de 3 m3. La Poste en fait circuler trois entièrement électriques et deux hybrides sur Bordeaux. « C'est plus maniable qu'une camionette, on peut la garer partout, surtout elle passe entre les poteaux qui interdisent l'accès aux autres véhicules » souligne l'un de ses pilotes, Romain Duval.
Il y a aussi des quads électriques, « le chaînon manquant entre le vélo et la camionette » explique Olivier Baccialone. Deux Quadeo circulent sur la CUB, un sur le bassin d'Arcachon. Et d'autres engins, expérimentaux. Comme cet « e-trotteur », en test depuis un an sur le secteur Chapeau-Rouge-Saint-Rémi. Davantage destiné à la distribution du courrier qu'à la livraison de colis, l'engin, avec ses quatre bacs à l'arrière, évite plusieurs tournées à vélo.
D'autres se positionnent aussi sur ce créneau, comme l'association La petite reine, implantée sur Bordeaux depuis 2005. Avec son réseau de cargocycles (un vélo triporteur à assistance électrique), ses livreurs peuvent transporter jusqu'à 180 kg de marchandises.

Tramway

Et si le réseau de tramway était utilisé la nuit pour assurer les livraisons ? L'expérience menée actuellement à Paris, n'est pas d'actualité sur Bordeaux. Olivier Baccialone, qui participe à des groupes de réflexion avec les collectivités sur les mobilités, explique que « cela poserait des problèmes techniques. Et il faut veiller à limiter le travail de nuit. »