cap sur la classe populaire

Elsa provenzano

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Environ 2500 personnes se sont rassemblées, hier, dans deux salles du palais des Congrès de Bordeaux-Lac, à l'occasion du meeting de campagne de la candidate du Front National Marine Le Pen. Si l'on en croit les sondages, elle se place pour l'instant en troisième position derrière Hollande et Sarkozy, avec 19 % des intentions de vote. A la lumière des spots bleu blanc rouge, les sympathisants ont agité drapeaux et pancartes mentionnant « Marine présidente ». Jacques Colombier, président du groupe FN au conseil régional d'Aquitaine a ouvert le meeting en taclant la politique municipale. Parlant de Juppé comme d'un « pompier pyromane » face à ce qu'il appelle « l'islam radical », Jacques Colombier a aussi rappelé l'opposition du parti au projet d'une nouvelle Mosquée sur la commune de Talence. La foule répond par des applaudissements et des acclamations. Après avoir chauffé la salle, il cède la tribune à la candidate.

« Un projet pour les oubliés

du système »
« Système » et « peuple », voilà les deux mots qu'a le plus martelé Marine Le Pen au cours de son discours. Un système mondialiste jugé impropre qu'elle propose de contrecarrer avec « un bouclier patriotique ». Mais aussi un système politique mené par une élite « complètement immorale ». Elle présente sa candidature comme la seule vraie alternance, fustigeant l'ensemble de ses adversaires, de Nicolas Sarkozy à Jean-Luc Mélenchon. Elle dit s'adresser « aux petits salariés, aux commerçants, aux artisans, aux dédaignés ruraux, aux retraités et aux classes moyennes » qu'elle réunit sous le terme d'« oubliés du système » car la gauche aurait « abandonné les classes populaires. » Dans la salle beaucoup de retraités sont venus écouter la candidate. Parmi eux, Bernadette, 61 ans : « Marine est plus raisonnable que son père. Je n'ai pas aimé ce qu'il avait dit sur la Shoah et je ne me serais jamais encartée sous sa présidence du parti ». Un autre retraité de 65 ans s'accorde à dire que la fille est « plus souple » que le père qui semblait « agressif ».

visite dans une exploitation viticole

Tradition oblige, la candidate FN a visité hier matin une exploitation viticole à Saint-Aubin-de-Branne, en Gironde, à l'invitation de l'avocat libournais Valéry Le Douguet. L'occasion, lors de son meeting, de pointer « le libre-échange », comme principal responsable du « drame des viticulteurs ». « Si je suis élue je supprimerai la PAC pour la remplacer par la PAF, politique agricole française », a t-elle conclu.