Sogerma : une fermeture à réactions

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Sonnés par l'annonce dans les médias, vendredi soir, de la fermeture du site Sogerma de Mérignac par le groupe EADS, une partie des 1 050 salariés de la filiale, spécialisée dans la maintenance d'avions, se sont mobilisés dès l'embauche. Ils ont investi les pistes de l'aéroport et perturbé le trafic aérien pendant plus d'une heure. D'ici à l'annonce officielle du plan social, le 23 mai en comité d'entreprise, l'intersyndicale estime que « la bataille pour la survie de l'établissement continue ».

Un hasard de calendrier a voulu que la région, la préfecture et le Conseil économique et social présentent quelques heures plus tard l'observatoire régional des mutations économiques, qui a pour dossier prioritaire... l'aéronautique civile en Aquitaine. S'il ne pourra rien pour la Sogerma, un diagnostic de secteur doit être rendu dans les six mois. « Cet observatoire est censé identifier les contraintes mondiales, mais ne pas se focaliser sur les difficultés d'une entreprise », a précisé le préfet, Francis Idrac, qui s'est dit « surpris par l'ampleur de la décision d'EADS ».

Alain Rousset, le président (PS) de la région, a quant à lui dénoncé dans une lettre adressée au Premier ministre « un silence assourdissant du gouvernement (...) Cette fermeture (...) relève avant tout d'erreurs industrielles, et d'une absence de responsabilité d'EADS et de son actionnaire de référence, l'Etat ». Il réclame plutôt « un plan industriel ». Le député-maire (UMP) de Bordeaux, Hugues Martin, a fait part hier soir de la mobilisation gouvernementale sur ce dossier, « avec l'implication directe de Jean-Louis Borloo ». Deux ministres devraient faire le déplacement.

Marion Guillot

Plus de 500 reclassements au sein du groupe EADS ont été proposés aux salariés de la Sogerma, à Mérignac. Eurocopter et Airbus auraient « un besoin urgent de personnel », à Toulouse, Marignane et en Allemagne.