« L'Aquitaine est spécifique »

Recueilli par Mickaël Bosredon

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Nathalie Kosciusko-Morizet.
Nathalie Kosciusko-Morizet. — WITT/SIPA

La ministre de l'Environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet, est à Bordeaux ce matin, pour l'inauguration des premières assises des risques naturels.

D'où vient l'idée de ces assises ?
Il y a eu Xynthia, les inondations dans le Var, les incendies à la Réunion… Les risques liés au changement climatique menacent désormais deux tiers des communes, qui s'exposent à des risques de plus en plus variés : 18 000 communes sont exposées à l'inondation, 6 000 aux feux de forêts…

L'Aquitaine est-elle une région

à risques ?
Elle l'est, mais ce n'est pas la plus exposée. Les risques prédominants sont les feux de forêt et les inondations, ainsi que le recul du trait de côte, parfois préoccupant. En Gironde, 228 communes sur 542 sont concernées par le risque d'inondation. 40 % du territoire aquitain est boisé, et les incendies détruisent chaque année 1500 ha de forêt. Il y a même eu un pic à 19 000 hectares. C'est une région avec des risques spécifiques.

Quel est le but de ces assises ?
Nous avons fait réaliser un sondage : 68 % des personnes interrogées se disent mal informées par rapport aux risques naturels. Or, 14 millions d'habitants et 40 % des emplois se situent dans des zones inondables. L'enjeu sera donc de faire un point sur l'état de la prévention en France, partager l'expérience des différents services, et sensibiliser le grand public. Je demanderai aux préfets d'installer des assises régionales des risques, afin de toucher les populations au plus près. J'annoncerai aussi la création d'un observatoire national des risques naturels, dans lequel je souhaite que les professionnels de l'assurance participent. La question des coûts doit être mieux connue, alors on rechignera peut-être moins à appliquer les politiques de prévention.

Ces politiques ont-elles du mal

à être mises

en œuvre ?
Il reste des endroits où il y a de la réticence, là où l'on n'a pas la « mémoire du risque ». Cela est le cas sur le pourtour méditerranéen, aussi sur la côte atlantique, où la question de rendre des terrains inconstructibles heurte parfois. Mais on ne peut pas dire d'un côté « Attention le niveau de la mer va augmenter », et de l'autre ne rien faire. En France, la culture du risque est faible.