Airaq fait feu de tout bois

Mickaël Bosredon

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Le feu de cheminée génère des émissions de particules dans l'atmosphère.
Le feu de cheminée génère des émissions de particules dans l'atmosphère. — SAKKI/LEHTIKUVA OY/SIPA

On sait que le transport routier est un des facteurs principaux d'émission de particules dans l'atmosphère. Mais on sait moins que la combustion est aussi responsable de cette pollution. Dans une région comme l'Aquitaine où environ 1,5 million de tonnes de bois sont utilisées chaque année pour le chauffage « bûches » (cheminées…), et où la pratique du brûlage de déchets verts, pourtant interdite, reste très répandue, ses effets ont une réelle incidence dans les pics de pollution enregistrés sur les grandes agglomérations, ont rappelé hier la Dreal (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement), Airaq, qui mesure la qualité de l'air en Aquitaine, et l'Ademe.

Abaissement des seuils
Ils lancent en ce début d'année une grande campagne de communication auprès des particuliers. « Le bois est une énergie renouvelable avec beaucoup d'atouts, et s'avère très efficace quand il est utilisé avec un insert fermé, labellisé flamme verte avec au minimum quatre étoiles » explique Jean-Louis Bergey, directeur de l'Ademe Aquitaine. Mais lorsqu'il est utilisé avec un foyer ouvert, type cheminée, la fumée qui s'en dégage propulse des micro-particules dans l'air. « Un foyer ouvert est, de plus, six à huit fois moins performant qu'un foyer fermé », affirme Jean-Louis Bergey.
Comme douze autres agglomérations françaises, Bordeaux a été attaquée par l'Union européenne l'an passé pour un trop grand nombre de dépassements du seuil d'information et de recommandation pour la pollution aux particules. Et avec l'abaissement de ce seuil en décembre dernier à 50 microgrammes par m3 d'air (µg/m3), et du seuil d'alerte à 80 µg/m3, les dépassements devraient être encore plus nombreux.
Le seuil d'alerte a ainsi été franchi pour la première fois, depuis la création d'Airaq en 1995, à Bordeaux le 27 décembre. « Nous nous attendons à le dépasser désormais entre une et trois fois par an » estime Gérard Criqui, directeur de la Dreal Aquitaine.

Une pollution par beau temps

Les autorités estiment que 60 à 80 % des particules sont émises par le secteur résidentiel et les transports. Le reste par l'industrie et l'agriculture. En cas du dépassement du seuil d'alerte, le préfet pourra prendre des mesures de restriction voire d'interdiction de circulation. Les pics de pollution se forment par beau temps, lorsqu'il n'y a pas de vent, et qu'il y a une forte amplitude de température entre le jour et la nuit.