Réduire l'usage des pesticides

Mickaël Bosredon

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Le plan Ecophyto prévoit de diminuer de 50 % les pesticides d'ici à 2018.
Le plan Ecophyto prévoit de diminuer de 50 % les pesticides d'ici à 2018. — LECARPENTIER/SIPA

Le chemin à parcourir est encore long avant d'arriver au bout du plan Ecophyto. Lancé en 2008 à la suite du Grenelle de l'Environnement, il vise à réduire, « si possible », l'utilisation des produits phytosanitaires de 50 % dans le traitement des cultures. En Aquitaine, l'utilisation des fongicides sur la vigne et des herbicides sur le maïs est « plus importante que la moyenne nationale », relève la direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Draaf). Elle présentait hier à l'Inra (Institut national de la recherche agronomique) le premier bilan d'Ecophyto. Les ventes de fongicide auraient baissé de 34 % dans la région entre 2008 et 2009, et celles d'herbicides augmenté de 6 %. « Mais ces chiffres ne nous donnent pas la localisation de l'acheteur de ces produits », précise Philippe Reulet, ingénieur au service régionale de l'alimentation.

Des fermes pilotes
La Draaf a déjà mis en place des actions de sensibilisation, comme le bulletin de santé du végétal qui établit le risque phytosanitaire de la culture. Par ailleurs, sept nouveaux réseaux de fermes pilotes ont rejoint, hier, les six autres réseaux déjà validés en 2011. Ces exploitations agricoles mettront en place des pratiques économes en produits phytosanitaires. Quelque 28 % des exploitations ont bénéficié de formations pour renforcer leurs connaissances sur l'utilisation de ces produits. L'objectif est d'arriver à 100 % en 2014. Enfin, un travail de recherche de l'Inra appliquant des méthodes de gestion innovante, permettrait une baisse allant jusqu'à 50 % de l'utilisation des fongicides.
Joël Bonneau, viticulteur, s'il estime que la profession « a pris conscience des enjeux », met en garde contre « les interdictions brutales de produit. Après celle de l'arsénite de soude, nous subissons des maladies du bois dans les cépages, qui nous coûtent très cher. » Philippe Reulet admet qu'en cas « de maladie ravageuse, type mildiou, on ne pourra pas empêcher le vigneron de traiter pour sauver sa récolte » .

National

Sur la période 2008-2010, un recul des ventes de substances problématiques pour l'environnement ou la santé a été constaté en France, a indiqué le préfet d'Aquitaine: - 87 % pour les substances cancérogènes par exemple. « Ce qui est pour partie la conséquence de retirer les préparations les plus dangereuses du marché », précise Patrick Stefanini.