Traquer les particules en 2012

Mickaël Bosredon

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Le trafic auto est en partie responsable des émissions.
Le trafic auto est en partie responsable des émissions. — S.ORTOLA/20MINUTES

Bordeaux n'aura finalement pas réussi à passer une année 2011 « blanche » en termes de qualité de l'air. En fin de semaine dernière, pour la première fois de l'année, le seuil d'alerte (80 microgrammes/m3 d'air) pour les particules fines (PM10) a été dépassé dans la capitale régionale. Il a atteint jusqu'à 91 µg/m3 sur la station Bastide, note le réseau Airaq de surveillance de la qualité de l'air en Aquitaine. Le seuil d'information (50 µg/m3) avait été atteint dès le début de la semaine.

Le trafic routier dans le viseur
Les particules fines proviennent essentiellement du secteur routier, notamment des véhicules diesel, et du chauffage urbain. Leurs émissions, dans un contexte météorologique favorable, à savoir l'absence de pluie ou de vent, ce qui était en partie le cas sur le département la semaine dernière, peuvent se concentrer sur une agglomération durant plusieurs jours, au moment d'un trafic routier important ou d'une période de froid.
Dans un pays comme la France où le parc automobile est composé à 70 % de véhicules diesel, la voiture est au cœur du sujet des particules. Huit agglomérations, dont Bordeaux, testeront à partir de cette année une Zone d'action prioritaire pour l'air (Zapa), qui pourrait prendre la forme d'une interdiction totale ou partielle de circuler dans un périmètre défini, ou d'une limitation pour les véhicules plus plus polluants. Selon l'Ademe, Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, ces Zapa pourraient générer une baisse de 2 à 4 % des émissions de particules dans l'air. Et ainsi permettre aux agglomérations concernées de descendre sous la norme limite, fixée par l'Europe à 50 µg/m³ à ne pas dépasser sur 24 heures, et ne devant pas être dépassée plus de 35 jours par an. Seize grandes villes françaises, dont Bordeaux, n'avaient pas respecté cette norme en 2009.

Santé

Les PM10 sont des particules de 10 micromètres. Si les particules inférieures à 2,5 sont les plus dangereuses, les PM10 peuvent néanmoins pénétrer dans l'organisme, et sont identifiées comme « particulièrement dangereuses » par l'OMS.