La LGV « SUD » devra être (ré)évaluée

Mickaël Bosredon

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Les nouvelles lignes grande vitesse sont remises en cause.
Les nouvelles lignes grande vitesse sont remises en cause. — J.-P.VINCENT / 20 MINUTES

L'annonce s'est répandue à très grande vitesse dans les couloirs des collectivités territoriales du Sud-Ouest ce week-end. A l'issue des Assises du ferroviaire, qui s'achevaient le 16 décembre, la ministre de l'Environnement Nathalie Kosciusko-Morizet a annoncé que tous les projets de ligne à grande vitesse prévus, mais non engagés, devraient être analysés au préalable par une mission d'évaluation indépendante, dont le rôle sera de juger de leur « pertinence économique ». Le prolongement de la LGV au sud de Bordeaux vers Toulouse et l'Espagne, s'il n'est pas nommé expréssement, fait partie de ces projets « non engagés ». Pour les opposants, au Pays Basque mais aussi dans le Lot-et-Garonne, c'est une victoire. La plupart estiment qu'un prolongement de la LGV est possible sur les voies existantes, alors que le projet actuel prévoit de créer de nouvelles voies. Montant de l'opération : 10 milliards d'euros. Financé entièrement par l'argent public, un partenariat public privé n'étant pas envisagé pour ce dossier.

Demie-surprise
L'annonce de la ministre n'est qu'une demie-surprise. Le système ferroviaire français est déficitaire de 1,3 milliard d'euros par an, souligne l'élu girondin Gilles Savary, président de l'une des quatre commissions des Assises. L'économiste Gilles Baverez, président de la commission financement, avait annoncé dans ses conclusions : « Il faut donner une priorité en faveur de la rénovation du réseau existant (...) et un moratoire serait souhaitable sur tous les autres projets ferroviaires du Grenelle de l'Environnement. » Les collectivités du Sud-Ouest continuent de se positionner sur l'un des quatre tracés de la LGV proposé par Réseau Ferré de France. La plupart des élus ne se disent « pas inquiets » par ces déclarations. Pour l'instant.