La mairie met de l'ordre dans ses échoppes

©2006 20 minutes

— 

 
  — no credit

« Si la famille s'agrandit, je songerai sérieusement à surélever ou aménager les combles. » Cécile, 39 ans, habite une échoppe double dans le quartier Saint-Genès. « A deux, c'est parfait, reconnaît-elle, mais avec deux enfants, on est tout de suite coincé. » Si à l'achat, l'échoppe est abordable, on s'y retrouve vite à l'étroit. De plus en plus de familles cherchent ainsi à agrandir leur logement. « Depuis deux ou trois ans, les demandes de permis de construire pour transformer des échoppes affluent à la mairie de Bordeaux », confirme l'adjoint à l'urbanisme, Michel Duchêne (UMP). Il en voit passer « des dizaines par an » et la surélévation est le cas le plus fréquent. Une « tendance nouvelle », qui s'expliquerait selon lui par « l'évolution du niveau de vie des familles et la redynamisation du centre-ville, qui est devenu plus attractif ».

Pour éviter la dénaturation de cet habitat typiquement bordelais, la municipalité n'a pas tardé à réagir. La réglementation s'est durcie et un « appel à idées échoppes » a été lancé en 2005. Les 178 projets d'architectes présentés en janvier « ont montré qu'il n'existait pas de solution unique », note l'élu. Si la surélévation sur la rue est le plus souvent interdite, sauf si les échoppes voisines ont déjà un étage, « on peut créer un sous-sol, une ou deux ailes à l'arrière, voire une surélévation sur le jardin ». Mais tous les foyers ne pourront pas se le permettre. En effet, le recours à un architecte est désormais « indispensable ». Ces règles figureront dans le plan local d'urbanisme (PLU), qui sera voté fin juillet.

Marion Guillot

Bordeaux compte environ 40 000 échoppes. Entre le xixe siècle et les années 1930, elles ont fleuri entre les cours et les boulevards. Ces maisons de plain-pied, avec un petit jardin à l'arrière, sont simples (couloir latéral) ou doubles (couloir central).