Commerce: le centre-ville se standardise

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Bordeaux perd ses petits commerces. Alice Media Store, Rougier et Plé, le Palais des sports et XXL vont baisser le rideau – ou ont déjà déposé le bilan – pour des raisons aussi diverses que les travaux du tramway, le loyer trop élevé ou le manque de clients... Mais les professionnels refusent de tirer des conclusions hâtives. « On est entré dans une période de mutation, explique Wolf J. L. Stolpner, président de la fédération du commerce bordelais. Certaines enseignes n'ont plus leur place en centre-ville en raison de la concurrence en périphérie ou de l'évolution des besoins du consommateur. » Jean-Charles Bron, adjoint (UMP) au maire chargé du développement économique, assure que « Bordeaux reste une ville très attractive ». Et pour cause, une enquête réalisée fin 2005 révèle que les commerces des rues piétonnes ont enregistré une hausse de leur chiffre d'affaires de 6,7 %. Un bon résultat, même si les niveaux précédant les travaux du tramway n'ont pas été rattrapés.

En général, seules les grandes enseignes en profitent. « Le loyer est un réel problème, se désole Suzy Catala, présidente de l'association du grand commerce bordelais. La rue Sainte-Catherine est intouchable pour les indépendants. Heureusement que les rues perpendiculaires sont encore accessibles. » En centre-ville, la valeur locative est passée de 690 e le mètre carré en 2002 à 864 e/m2 fin 2005. En outre, il est impossible de favoriser l'installation des petits commerces. « Ce sont les propriétaires qui décident et il n'est pas rare qu'ils préfèrent louer à une grande enseigne plutôt qu'à une petite boutique... », regrette Suzy Catala. La municipalité essaie tout de même de réserver des espaces aux artisans ou aux petits commerces via InCité, qui a prévu de leur consacrer, d'ici à 2012, 5 000 mètres carrés.

Orianne Dupont