Dossier : le grand contournement divise la Gironde

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Le défi est de taille. L'autoroute qui verra le jour à l'ouest de Bordeaux doit à la fois préserver l'environnement, ne pas favoriser l'étalement urbain, décharger la rocade et contenter tout le monde. Cette équation du grand contournement de Bordeaux doit être résolue avant juin pour être réalisée en 2020.

A l'occasion du lancement de la concertation sur les différents tracés, Yves Massenet, le directeur régional de l'équipement, a présenté les projets admissibles tant sur le plan technique qu'environnemental. Au nord, trois points de raccordement sur la RN 10 sont envisageables et il y a cinq possibilités de franchissement de l'estuaire ou de la Garonne et de la Dordogne. Un seul fuseau central est ensuite envisagé au nord de Saint-Médard-en-Jalles et à l'ouest de Saint-Aubin-de-Médoc. Enfin, sept hypothèses de tracés ont été avancées pour le sud. Reste à choisir. Et surtout à s'entendre.

Si élus et représentants d'associations s'accordent sur la nécessité du contournement, ils estiment que cette autoroute doit être accompagnée par le développement du rail et de la mer pour le transport de marchandises. Car, « la rocade risque d'être saturée d'ici à 2015. On compte deux fois plus de camions qui franchissent les Pyrénées par Bordeaux que de camions qui traversent les Alpes, soit 8 500 par jour », rappelle Philippe Madrelle, le président PS du conseil général, fervent partisan du projet depuis vingt ans. Mais tous craignent de voir passer cette autoroute à péage trop près de leur commune et regrettent de ne pas avoir été assez concertés au préalable. « Cette autoroute va passer à 200 mètres des habitations. Et je n'ai pas le choix. Alors, entre ce tracé et rien, je choisis rien », s'est insurgé hier Christophe Duprat, maire (UMP) de Saint-Aubin-de-Médoc.

Orianne Dupont

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