Pour Mérignac, le projet de prison est une folie

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Le maire de Mérignac ne veut pas d'une prison psychiatrique à proximité de la sortie 12 de la rocade. Un projet évoqué par le directeur de l'hôpital psychiatrique Charles-Perrens, sur l'antenne de France 3 Aquitaine. Cette unité régionale d'hospitalisation spécialement aménagée (UHSA) accueillerait, à partir de 2008, les détenus alcooliques, toxicomanes, suicidaires ou dépressifs, « de plus en plus nombreux en milieu carcéral, note la CGT, où aucun dispositif spécifique n'existe ».

Si le lieu d'implantation de l'UHSA n'a pas été arrêté, l'hôpital bordelais possède plusieurs hectares à Mérignac, à côté de la rocade et accessibles facilement par la voie directe ouest.

« Cet emplacement faciliterait les transferts de patients, concède le maire PS de Mérignac, Michel Sainte-Marie. Mais l'aménagement d'une telle unité à l'entrée de l'agglomération nuirait à l'image de la ville. » Le maire craint également qu'elle ne mette en péril deux projets d'envergure, prévus sur le secteur : le pôle sport et santé, porté par la clinique du sport de Mérignac, et la plate-forme de biodéveloppement, qui « regrouperait une dizaine de laboratoires de haute technologie », dans le cadre du pôle de compétitivité national Prod'Inov. « Une prison psychiatrique fera fuir ces projets et les centaines d'emplois qu'ils doivent générer », estime le maire. Mais selon certaines rumeurs, rapportées hier par FO, l'UHSA pourrait rejoindre l'Unité des malades difficiles de Cadillac.

Marion Guillot

Selon la CGT pénitentiaire, la hausse des troubles psychiatriques en prison résulte de la fermeture de lits en psychiatrie. « Les détenus malades sont violents envers eux-mêmes et envers les autres », s'alarme la CGT.