Nicolas Sarkozy en terrain conquis

Mickaël Bosredon

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Le Hangar 14 était comble pour Nicolas Sarkozy, hier à Bordeaux.
Le Hangar 14 était comble pour Nicolas Sarkozy, hier à Bordeaux. — SEBASTIEN/ORTOLA/20MINUTES

Prévu à midi, le discours du président de la République n'a finalement commencé qu'à 12 h 45, hier au Hangar 14. Mais dès 9 h, barrières de sécurité et policiers étaient déjà en service le long du quai des Chartrons. Et les premiers invités pointaient déjà le bout de leur nez.
10 h 45, l'avion présidentiel est en approche de l'aéroport de Mérignac. L'itinéraire que doit emprunter le chef de l'Etat pour se rendre à la caisse d'allocations familiales de Bordeaux-Lac est déjà bouclé, entraînant des perturbations jusque sur le réseau de tramway, la ligne C fonctionnant au compte-gouttes.
Au H14, les policiers du RAID se mettent en place. L'entrée est noire de monde. Chefs d'entreprises, commerçants, politiques… peinent à entrer, et s'impatientent. Beaucoup d'invités devront rester debout. D'autres, à qui l'on a proposé de suivre le discours présidentiel sur un écran, préfèrent rebrousser chemin. Dans la salle, 3 500 personnes, militants UMP ou sympathisants de droite pour la plupart, sont prêts à accueillir le futur candidat de leur camp.
Nicolas Sarkozy arrive enfin. Standing ovation. Le chef de l'Etat rend hommage à Alain Juppé, ovationné à son tour, et à son « formidable travail entrepris depuis des années » pour « la renaissance de Bordeaux ».
Vient le discours sur « le modèle social » à la française. Les attaques contre les fraudeurs, notamment ceux qui perçoivent « des allocations familiales alors qu'ils ne résident pas sur le territoire national », sont particulièrement applaudies par la foule. Nicolas Sarkozy a rassuré son auditoire.
Elodie et Sébastien Marronier, jeune couple responsable d'une entreprise de chauffage sur Bordeaux, ont apprécié « les vérités sur les 35 heures, qui ont compliqué la situation économique, et sur les arrêts-maladie frauduleux ». Mais ils se disent inquiets quant aux prochaines élections. « Il ne faudrait pas que le travail entamé soit détruit. » Bernadette Barreaud, commerçante retraitée à Royan, a surtout retenu le passage sur les retraites : « Il fallait faire quelque chose si on veut qu'elles continuent à être payées ». José Garcia, chef d'entreprise à Nayrac, a lui salué « un discours d'ouverture ». « Un discours de président, pas de candidat. »