Changement de cap dans le vignoble

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« La viticulture est en train de vivre une révolution, et c'est vous qui la faites ! » Alain Vironneau, président du syndicat viticole des bordeaux et bordeaux supérieurs a utilisé des grands mots, hier, pour convaincre les 144 délégués réunis en assemblée générale extraordinaire. A une large majorité, ils ont approuvé le principe d'une distillation volontaire et largement autofinancée de 300 000 hectolitres de leur vin, et dans la foulée la levée du blocus des ventes à 1 000 e instauré en décembre. Alors que l'Europe devrait financer la distillation à hauteur de 350 à 400 e le tonneau, le syndicat va emprunter 15 millions d'euros pour porter le montant total des aides à environ 850 e par tonneau. En échange, ses adhérents paieront pendant cinq ans une taxe d'environ 1,1 e par hectolitre de vin vendu. Avant le vote, des opposants à la motion ont exprimé leurs craintes de voir ces mesures rendues inutiles par l'inaction des autres appellations. « Voter cette motion revient à nous couper la tête », a affirmé un viticulteur. « Notre appellation a décidé de prendre ses responsabilités dans la nécessaire adaptation de l'offre à la demande, indispensable pour sortir de la crise », s'est finalement réjouis Alain Vironneau. Ses adhérents attendent maintenant que d'autres en fassent autant.

S. L.

Le syndicat viticole des bordeaux et bordeaux sup' regroupe 6 300 producteurs sur 65 000 ha. Ceux-ci produisent 55 % des volumes girondins.