le ras-le-bol des retraités

elsa provenzano

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«J'ai un véhicule mais je l'utilise le moins possible car j'ai une petite retraite », explique Yannic Poulain, 60 ans. Ils étaient 750 retraités, selon la police, et 1300, selon les syndicats, à manifester, hier, à Bordeaux contre la baisse de leur pouvoir d'achat. « Il a diminué de 10 % en dix ans », affirme Michel Soubiran de la CGT.

Il a commencé à travailler à 15 ans
Yannic Poulain pensait que sa retraite lui permettrait de souffler après 42 ans de travail. Mais, avec 1 100 euros de pension, « on se serre la ceinture, mon épouse et moi, sur le budget loisirs en particulier : on ne peut pas aller au restaurant ni voyager comme touristes. »
Il s'est retrouvé à 40 ans sans emploi et « partout, on me disait que j'étais trop vieux ! » raconte-t-il. Il a dû alors travailler en intérim comme chauffeur de poids lourds pendant vingt ans. Seulement voilà « quand il n'y avait pas de missions, je ne travaillais pas, en tant qu'intérimaire, et, cela se ressent sur ma pension actuelle ». Yannic Poulain explique, amer, qu'il est passé « d'employé précaire à retraité précaire » alors qu'il a travaillé toute sa vie, depuis l'âge de 15 ans. Il pointe aussi la charge de certains frais médicaux non remboursés par la sécurité sociale qui interviennent en vieillissant.

perte d'autonomie

En Gironde, il manque environ 1 100 places en maisons de retraite, estime l'intersyndicale sur les retraites. Et, les tarifs pratiqués sont jugés trop chers.