Un ex-avocat accusé de pédophilie

elsa provenzano

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Accusé de viol sur mineure et d'agressions sexuelles alors qu'il était avocat au barreau de Bordeaux, Christian Goy, comparait à partir d'aujourd'hui devant la cour d'assises de Bordeaux.
L'accusé reconnaît des attouchements mais pas de pénétration. L'avocat de l'accusé, Me Pascal Charpentier, confirme que « c'est ce qui ressort de l'instruction ». Une victime s'est portée partie civile mais les agressions sexuelles concernent au moins trois mineures dont sa nièce. Christian Goy avait démissionné du barreau en 1999 et a été révoqué de la magistrature il y a deux ans. Il était alors substitut du procureur du parquet de Bayonne.
Les faits jugés remontent aux années 1987-1988 : « La mère des deux victimes, (la plus jeune se porte partie civile ; pour l'aînée, les faits sont prescrits). était défendue par Me Goy pour sa procédure de divorce », raconte Me Danglade, l'avocat de la victime.

Les fillettes faisaient le ménage dans son cabinet
L'accusé a proposé à la mère des deux fillettes, âgées alors de 9 et 12 ans, que celles-ci « viennent faire le ménage dans son cabinet, en échange d'argent de poche », relate Me Danglade. C'est là que se serait déroulée une partie des faits. Un arrangement plutôt étrange mais « la mère faisait confiance à l'avocat », précise Me Danglade. Si bien, d'ailleurs, qu'elle n'a jamais cru ses filles, « ce qui est une grande souffrance pour ma cliente, âgée aujourd'hui de 34 ans », précise Me Danglade. La femme de Christian Goy savait que son mari avait une attirance pour les jeunes filles en général, selon Me Danglade, il a d'ailleurs reçu des soins psychiatriques dans les années 1990. « Au cours des débats, on va mentionner d'autres histoires glauques qui n'ont pas abouti, On sait aussi qu'il y a eu des échanges de cassettes pédopornographiques », précise Me Danglade. Il souligne que la procédure a été « anormalement longue puisque la plainte a été déposée en 2006 et, qu'en règle générale, les accusés sont jugés, en moyenne, deux ans après. » Le verdict devrait être connu vendredi.

une longue procédure

Les faits jugés remontent aux années 1987-1988.Le dépôt de plainte a eu lieu en février 2006 à la gendarmerie de Langon. Une enquête a été menée jusqu'en avril 2006, date du début de l'instruction. L'ordonnance qui a décidé du renvoi en cour d'assises date, elle, du 24 février 2009.Après un appel et un pourvoi en cassation, c'est une question de constitutionnalité qui est soulevée en juin 2010.Le procès s'ouvre aujourd'hui à la cour d'assises de Bordeaux.