les petites mains de l'opéra

elsa provenzano

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Environ 30 personnes s'occupent des costumes à l'Opéra de Bordeaux (en haut). L'atelier menuiserie prépare un des éléments de décor, sans plans (au milieu). Le sculpteur s'appuie sur une maquette pour concevoir les statues.
Environ 30 personnes s'occupent des costumes à l'Opéra de Bordeaux (en haut). L'atelier menuiserie prépare un des éléments de décor, sans plans (au milieu). Le sculpteur s'appuie sur une maquette pour concevoir les statues. — s.ortola/20 minutess.otrola/20 minutess.ortola/20 minutes

Pas moins de 360 salariés permanents travaillent à l'Opéra de Bordeaux, exerçant une trentaine de métiers différents, de couturier à sculpteur. Coup de projecteur sur ces métiers de l'ombre alors que s'ouvre demain, avec Madame Butterfly, la saison culturelle de l'Opéra.
« Nous avons un rapport assez intime avec les artistes, nous faisons tout pour qu'ils n'aient à se préoccuper que de leur voix et de leur rôle », explique Vincent, habilleur à l'Opéra. Dix personnes travaillent à l'habillage et s'activent jusqu'à l'entrée en scène des artistes, effectuant des retouches de dernière minute et réparant parfois, à la hâte, des coutures entre les scènes.

« Les moyens de réaliser

un travail de qualité »
Empruntant un dédale de couloirs, on découvre un peu plus loin l'atelier couture, rempli de bobines et de grandes tables à découper le tissu. Danièle est la doyenne des lieux : vingt et un ans qu'elle y donne vie à des costumes. « Je suis sur trois productions en même temps et je suis débordée ! » lance-t-elle. Un peu plus loin, Carmen est appliquée à faire des plis sur une jupe qui sera portée pour le spectacle Carmina Burana, prévu pour octobre. « Le costumier souhaitait un effet froissé sur ces jupes, nous les avons donc lavées et torsadées », raconte-t-elle. Charlotte, qui a travaillé auparavant à l'habillage dans un cabaret, souligne, elle, que « les moyens de l'Opéra permettent de réaliser un travail de qualité ».

700m2 d'atelier pour les décors
Depuis 1996, l'Opéra dispose d'un grand atelier, de 700 m², à Bacalan qui permet « de tout fabriquer », relève Giulio Achilli, directeur artistique de l'Opéra qui coordonne les services techniques. « On travaille à l'italienne, c'est-à-dire qu'on doit bricoler et inventer, c'est ce qui est intéressant », estime Gérard qui travaille à l'atelier sidérurgie.
Dominique exerce, elle, un métier plutôt méconnu, celui de voilière. Elle s'occupe de tous les tissus qui entrent dans la composition des décors sur scène. « Je travaille actuellement sur une toile plastique très étendue, de 16 m sur 8 m pour Carmina Burana », expose-t-elle. L'équipe de l'opéra comprend aussi une teinturière qui colore les pointes des chaussures des artistes en fonction des

représentations et des souhaits du chef costumier.