Plan Bussereau : les viticulteurs réservés

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« Le plan gouvernemental va dans le bon sens », indiquait le communiqué commun des organisations viticoles françaises publié jeudi après l'annonce par le ministre de l'Agriculture, Dominique Bussereau de son plan pour aider la filière à sortir de la crise.

Dans le Bordelais, les réactions sont à l'image de cette réaction : prudentes. « Nous prenons acte. Il y a des choses intéressantes, d'autres moins » déclare, sur la réserve, le président du Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB), Christian Delpeuch. Parmi les points jugés positifs, il note la recherche d'un fonctionnement simplifié et décentralisé de la filière, qui permettrait à chaque bassin viticole de décider de ses orientations. Il retient aussi la création d'une marque « France » destinée à doper les exportations. « Grouper les volumes et faire une communication commune à l'export est une bonne chose », approuve Yoan Bardeaux des Jeunes agriculteurs. « En revanche, les douze millions d'euros d'aides financières à l'export sont largement insuffisants », ajoute-t-il. La légalisation de l'utilisation de copeaux de bois pour parfumer le vin — mesure jugée plutôt secondaire — fait peu débat. « Pour les vins de pays, il n'y a pas de raison qu'on nous en empêche », estime Yoan Bardeaux. Il attend plus de l'autorisation de distillation exceptionnelle demandée par la France à Bruxelles, afin d'écouler les stocks et d'assainir un marché alourdi par la surproduction. « Ces propositions ne doivent pas nous faire oublier notre problème d'aujourd'hui », tempère Yves d'Amécourt, secrétaire général du Syndicat viticole Bordeaux et Bordeaux Supérieur, en référence au blocus déclenché par la fixation d'un prix plancher à mille euros le tonneau. Les négociants ne cèdent pas et le vin s'entasse dans les caves. Un bras de fer qui paralyse toute la filière.

Sophie Lemaire

Le plan prévoit un total de 38 millions d'euros d'aide d'urgence plus 40 millions d'euros de prêts de consolidation.