« Sur la base, Je suis le chef d'orchestre »

recueilli par elsa provenzano

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A 46 ans, elle commande une base de 2 800 personnes.
A 46 ans, elle commande une base de 2 800 personnes. — s.ortola/20 minutes

Après vingt-cinq de carrière dans l'Armée de l'air, le colonel Véronique Batut vient d'être promue commandant de la base aérienne 106 à Mérignac. C'est la première fois qu'une femme se retrouve à sa tête. Et, sur toute la France, seules trois autres femmes ont accédé à de si hautes fonctions dans l'Armée de l'air.
Comment en êtes-vous arrivée à choisir

l'Armée de l'air ?
Dès la classe de quatrième, je savais que je voulais faire une école d'officiers. Ensuite, j'ai fait les classes préparatoires et, entre-temps, l'école de l'air a ouvert aux femmes. Au fur et à mesure, les portes se sont ouvertes et ma vocation a pu s'exprimer. J'en suis ravie.
Comment devient-on commandant d'une base ?
C'est un processus assez long. Quand on sort de l'école de l'air, implantée à Salon-de- Provence [Bouches-du-Rhône], il faut au minimum vingt à vingt-cinq ans. J'ai déjà commandé une base de 300 personnes et, cette promotion, c'est un choix de ma part et de l'institution. Je connaîtrai peut-être un peu d'anxiété sur quelques dossiers mais j'ai une énorme expérience.
Quel est votre rôle concrètement sur la base ?
Je suis le chef d'orchestre. Tous les jours, il faut coordonner les 2 800 personnes qui travaillent sur la base : les équipes de maintenance, de télécommunications, de contrôle aérien, d'armement et de pilotage. Le cœur du métier reste les missions : un commando de parachutistes fait par exemple des opérations en Afghanistan et en Libye, pour récupérer les pilotes, en cas de crash.
Les métiers de l'Armée

de l'air sont-ils plus ouverts aux femmes maintenant?
Oui, c'est beaucoup plus facile pour les filles qui souhaitent embrasser une carrière militaire. Moi, le fait d'être une femme ne m'a jamais posé problème au cours de ma carrière. Nous allons d'ailleurs commencer bientôt des campagnes de recrutement.