à Pessac, l'arabe s'apprend en sixième

elsa provenzano

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Hier, les 12 collégiens du cours ont appris à dire bonjour en arabe.
Hier, les 12 collégiens du cours ont appris à dire bonjour en arabe. — s.ortola/20 minutes

Il existait déjà une classe bilangue* arabe anglais à Bordeaux. Depuis cette rentrée, on en compte trois dans l'académie. Les deux nouvelles sont à Pessac, dans les collèges François-Mitterrand et Noës. Le ministère souhaite développer l'enseignement de langues peu étudiées. Le lycée Pape-Clément de Pessac proposant déjà l'arabe en 3e langue vivante, l'inspection académique avait donc identifié des collèges dans cette ville pour développer son apprentissage. « Un groupe de 12 élèves de sixième étudie l'arabe trois heures par semaine avec une professeure certifiée, explique Françoise Jaffré, principale du collège François-Mitterrand. A la fin de la sixième, les élèves des classes bilangues, avec 3 heures d'anglais par semaine, ont le même niveau que ceux qui suivent 4 heures de cours car, en étudiant deux langues, ils acquièrent de l'aisance. »

Un atout professionnel
« Le plus souvent, on parle arabe chez moi et je veux mieux comprendre ce qui se dit », raconte Karim à Simine Kaviani, sa nouvelle professeure, d'origine libanaise. Cette enseignante aguerrie, forte de 32 ans de carrière, pense que l'arabe littéral, parlé dans tout le monde arabe, sera un vrai atout pour l'avenir professionnel de ses élèves. D'autres, comme Camille, se montrent intrigués par cette langue : « Ce n'est pas le même alphabet alors je suis curieuse. »

« Un bain linguistique »
Ils sont aussi un peu anxieux car « c'est un peu comme entrer au CP », reconnaît Simine Kaviani. Pourtant, une fois les sons reconnus et l'alphabet mémorisé, il y a une facilité : toutes les lettres se prononcent. L'apprentissage est avant tout oral : « Je vais vous proposer un bain linguistique les premiers temps », explique la professeure qui a su captiver rapidement un auditoire très motivé. L'atelier calligraphie devrait particulièrement enthousiasmer Hanna qui explique : « Je sais parler mais je voudrais apprendre à lire et à écrire l'arabe. » Au Liban, souligne Simine Kaviani, on étudie les langues étrangères dès le CP : « C'est bien de commencer jeune ».

les vœux des lycéens

Pour la rentrée 2011, le rectorat indique que les élèves entrant en seconde ont fait des choix plus diversifiés. 8,6 % ont choisi une 3e langue vivante, 8,8 % les principes fondamentaux de l'économie et de la gestion.L'enseignement scientifique reste le plus plébiscité avec 33,6 % tandis que les langues mortes peinent à survivre avec 0,5 % pour le grec.