L'échec scolaire ne passera plus inaperçu

©2006 20 minutes

— 

malgré leur réussite apparente, les établissements scolaires aquitains, cancres de l'égalité des chances. Pour lutter contre l'échec et le décrochage scolaires, qui touchent d'abord les couches sociales défavorisées, l'académie de Bordeaux se mobilise autour du projet global « Objectif 2010 : ne laisser personne au bord du chemin ». Un séminaire lui a été consacré, mercredi, à Artigues-près-Bordeaux.

Si le recteur William Marois admet que « notre académie a tendance à être plus sélective socialement qu'au niveau national », cette particularité s'explique par deux facteurs : tout d'abord par les bons résultats scolaires de la majorité des élèves, qui masquent une minorité d'exclus. L'Aquitaine se classe en effet neuvième des vingt-quatre académies, en termes de réussite aux examens. Ensuite, le niveau social des familles aquitaines, relativement élevé, n'incite pas à mener des actions à destination des élèves en rupture. Contrairement aux initiatives prises dans d'autres académies, où les résultats sont moins bons et la violence sociale plus présente.

D'après un diagnostic dressé en 2005, les disparités sociales se renforcent au collège. Entre la sixième et la troisième, 40 % des élèves issus de milieux défavorisés quittent le système scolaire aquitain. Alors qu'en France, deux tiers de ces jeunes restent scolarisés. « C'est notre paradoxe, observe Jean-Marie Duval, directeur des études et de la prospective à l'académie de Bordeaux. On a un meilleur niveau à l'entrée au collège, de bons résultats aux examens et au Bac, mais à l'arrivée, les effectifs sont plus faibles. »

Marianne Peyri

545 600 élèves sont recensés dans l'académie, de la maternelle au post-bac, soit 4,6 % des effectifs nationaux. 2,5 % C'est le taux de croissance dans l'académie, entre 2000 et 2005. Au niveau national, ils régressent de 0,5 %. 900 élèves sont sortis du système scolaire aquitain en 2005, avant la dernière année de BEP-CAP ou avant la seconde. 26 % des élèves présentent un risque de décrochage modéré ou élevé en Aquitaine.