Le déblocage des lycées fait débat

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« Nous mettrons tout en oeuvre pour que le droit aux études soit assuré aux élèves ». Le recteur de l'académie de Bordeaux, William Marois, a lancé hier un message clair en direction des lycéens qui continuent de bloquer cinq établissements en Aquitaine. Quant aux moyens qu'il entend mettre en oeuvre pour obtenir ces « déblocages », le recteur s'est montré des plus sibyllins : « Nous avons mis un dispositif en place avec le directeur de la sécurité publique, Albert Doutre. » Sans autres précisions, si ce n'est qu'il privilégierait « le dialogue ».

Pour Albert Doutre, ce dispositif « sera à la fois dissuasif, préventif, et répressif, si des agissements graves devaient être commis dans ou près des établissements scolaires », a-t-il averti. Un avis que ne partage pas Georges Dupon-Lahitte, président de la FCPE, principale fédération de parents d'élèves. Présent hier au lycée bloqué Alfred-Kastler de Talence, il a jugé l'envoi des forces de l'ordre « déraisonnable »: « Cela risque de provoquer des dérapages et des radicalisations », a-t-il ajouté.

Une chose est claire : les six lycées de la rive droite, fermés depuis hier, seront rouverts ce matin, « dans les conditions de sécurité nécessaires », a assuré le recteur William Marois. L'administration avait préféré les fermer, afin de garantir la sécurité des élèves et des personnels, à la suite de dégradations commises « par une bande de 2 à 300 personnes », a avancé le recteur.

Si côté lycéens, le mouvement a montré, hier, des signes d'essoufflement, les étudiants restaient en revanche déterminés à poursuivre leur mouvement. « On prend acte de la décision du Conseil constitutionnel mais on attend désormais la réaction de Jacques Chirac sur la promulgation de la loi. En attendant le combat continue avec pour seul mot d'ordre le retrait du CPE », a affirmé Jules Boyadjian, membre du « Comité non au CPE ».

Sophie d'Ambra

Le lycée de Sainte-Foy la Grande a été incendié dans la nuit de mercredi à jeudi. Deux pneus enflammés ont été lancés contre sa façade vitrée qui a explosé en partie.