on a puisé dans les réserves

elsa provenzano

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«Le cumul des pluies hivernales, entre novembre et mai, doit être de 450 mm environ pour recharger les couches d'eau superficielles sur la CUB. Or, cette année on constate seulement 400 mm, soit une baisse de 10 % » explique Christophe Anselme, directeur technique et scientifique à la Lyonnaise des Eaux. Ces fameuses pluies d'hiver ont un rôle précieux pour constituer des réserves. « Au printemps, l'eau des précipitations est en partie absorbée par les plantes » rappelle Christian Mazurier, hydrogéologue au BRGM, Bureau de recherches géologiques et minières. Loin de mettre en péril l'approvisionnement de l'eau sur l'agglomération, la sécheresse a néanmoins contraint la Lyonnaise des Eaux, délégataire auprès de la CUB, a puiser plus tôt dans la nappe profonde, appellée éocène.

Pollution et sécheresse
Face à la détection de perchlorate d'ammonium dans des nappes d'eaux cet été, la Lyonnaise a interrompu certains captages. Un autre facteur, en plus du déficit de pluviométrie, qui a accentué le pompage dans les nappes les plus profondes. « Nous avons dû puiser de 30 à 40 % plus dans l'éocène. Le coût a lui aussi augmenté inévitablement, puisque l'eau est récupérée plus profondément. 1 m3 nous coûte deux fois plus cher en terme d'énergie » remarque Christophe Anselme. De façon générale, les niveaux sont beaucoup plus bas qu'il y a 10 ans sur de nombreux points de surveillance, estime l'hydrogéologue, pour expliquer qu'il ne s'agit pas d'un fait nouveau. « Par exemple, dans le Lot-et-Garonne, les nappes baissent de 1 mètre par an depuis plusieurs années » constate t-il.

Vers un rendement optimum
Dans ce contexte ; éviter les pertes d'eau dues aux fuites en amont est crucial. Actuellement, le rendement sur le réseau est de 83 % sachant que, compte tenu de la configuration des branchements, la Lyonnaise estime le rendement optimum entre 85 et 90 %.

Des ressources alternatives ?

D'ici 2 015 / 2017, les experts estiment qu ‘il sera nécessaire de disposer d'une ressource supplémentaire en eau sur l'agglomération. Et, d'une seconde en 2020, compte tenue de l'augmentation de la population. Chacune devra permettre de puiser 10 millions de m³ par an pour répondre aux besoins. Deux projets sont à l'étude pour le moment.