Le CAPC expose son malaise

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« Il est urgent que cette ville fasse confiance à un directeur artistique pour redonner au CAPC un nouveau souffle. » Francine Fort, directrice d'Arc-en-Rêve centre d'architecture, qui occupe l'Entrepôt Lainé avec le CAPC-musée d'art contemporain depuis 1989, confirme le malaise ambiant. Budget en baisse, « intrusion » de l'Escale du livre évitée de justesse dans la grande nef et enfin, annonce de la démission de son directeur, Maurice Fréchuret, le 10 mars dernier. Ce temple de l'avant-garde, « point de mire de l'Europe au milieu des années 1990 », rappelle Francine Fort, traverse une crise identitaire. « Les moyens du CAPC baissent continuellement depuis dix ans », note Pierre Hurmic, élu Verts au conseil municipal.

Si des excès ont pu être constatés du temps de Chaban, sous la direction de Jean-Louis Froment, « l'argent ne fait pas tout », estime Francine Fort. Pour elle, « Jean-Louis Froment n'a jamais été remplacé. Il faut confier ce lieu à un artiste, qui prenne des risques et des positions. C'est l'occasion de relancer le CAPC. » La mairie voit les choses autrement. Insatisfait de l'animation du lieu, qui a tout de même enregistré 85 000 entrées en 2005, l'adjoint à la Culture, Dominique Ducassou (UMP), veut « privilégier le croisement des publics et des disciplines ». Reste à trouver le bon équilibre entre diversité et qualité. Francine Fort est vigilante : « Ce lieu n'est pas un local », prévient-elle.

Marion Guillot

Les élus socialistes bordelais organisent un café politique ce soir, au Zorba, à 18 h 30, place de la Ferme de Richemont. Ils aborderont avec le public le thème : « Bordeaux, la culture en question. »