les premières notes de la liberté

Éric bordage

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De la musique pour les détenus de Gradignan.
De la musique pour les détenus de Gradignan. — G.arroyo / 20 minutes

Pascal chante du Polnareff. A ses côtés, des musiciens détenus et d'autres, venus spécialement de la « société civile » pour ce prolongement de la fête de la musique, organisé par le service pénitentiaire d'insertion et de probation de la Gironde, en association avec la Rock School Barbey. Avant d'être incarcéré au centre de détention de Gradignan, Pascal était déjà musicien : « Je suis batteur et chanteur. Ça permet de rompre l'isolement. Ici, les moyens de se distraire sont rares… » Dans le public, une vingtaine de détenus, venus assister au spectacle. L'ambiance est pesante. Certains entonnent les paroles des chansons, d'autres sont ailleurs…

« On se croirait presque dehors »
Parmi eux, Cédric, 31 ans : « C'est bien. Ça nous occupe » témoigne-t-il avant d'ajouter : « On sort du contexte de la cellule. On se croirait presque dehors ». Serge Pétrus, surveillant, contrôle les allées et venues de cet après-midi différent. « Ce concert est ouvert à tous, déclare-t-il. Nous avons seulement fait une sélection par rapport à ceux qui n'ont pas le droit de se retrouver ensemble, dans un même lieu, pour des raisons de sécurité. » Le surveillant voit en ce genre d'initiatives l'occasion de « créer de la cohésion au sein des groupes de détenus et, pour certains, de réapprendre les règles de la vie en collectivité ».