Des originaux devenus références

eric Bordage

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Au château Coutet, qui appartient à la même famille depuis 1680, on n'utilise ni insecticide ni désherbant.
Au château Coutet, qui appartient à la même famille depuis 1680, on n'utilise ni insecticide ni désherbant. — Photos S. ORTOLA / 20 MINUTES

Xavier David Beaulieu, propriétaire du château Coutet, à Saint-Emilion brandit une bouteille datant de… 1 750. « On est sur un lieu de vie de 2 000 ans. La propriété appartient à la famille depuis 1680 et n'a jamais dérogé à la règle du biologique », précise le viticulteur qui évoque volontiers le temps où « les tenants du bio passaient pour des farfelus, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui ». Installé devant un trésor qui raconte l'histoire des siècles, couvert d'une poussière noble, l'hôte répond aux questions que se posent ses invités du jour venus des quatre coins de la France à la faveur de ces journées de découvertes concoctées par l'office de tourisme de Saint-Emilion. « Pendant tout le 20e siècle, la propriété a été gérée par les sœurs de notre grand-père, toutes nées au 19e, qui ont travaillé les vignes comme elles ont appris à le faire quand elles étaient jeunes, sans insecticide. J'ai conduit les chevaux dans ces rangs! ». Xavier et son frère, qui ont pris la relève n'ont rien changé. Les confrères qui poussent leur porte pour obtenir des conseils sont de plus en plus nombreux… « Ici, c'est un des rares endroits où le biotope n'a pas été touché. Sur nos 15 hectares nous n'avons que 12 hectares de vignes. Le reste, c'est des prés ou des haies ». Parmi les curiosités de la propriété, les visites régulières de scientifiques qui viennent « compter les insectes » ou observer les descendantes des tulipes plantées par les romains… « Je ne pensais pas que la viticulture bio ça existait à Bordeaux » déclare Mireille, 54 ans, venue d'Auch, qui suit avec attention les explications de Xavier David Beaulieu : « Je suis très intéressée par les nouvelles formes d'agriculture biologique car j'ai des enfants et je pense qu'il faut réparer tout ce que nos générations ont abîmé », poursuit la gersoise. Bertrand, 64 ans, débarque en voisin, d'Arcachon : « Le vin bio m'intéresse. Je pense qu'on peut peut-être y trouver des goûts moins uniformisés. ». Le viticulteur explique que la différence gustative n'est pas nécessairement au rendez-vous mais rappelle que « l'organisme peut en revanche faire la différence avec des vins plus traités… ». L'appellation compte une vingtaine de viticulteurs convertis.