La victoire pour se reconstruire

©2006 20 minutes

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Un énorme besoin de reconnaissance qui passait par la réussite de ses enfants. Voilà l'une des pistes avancées hier, par les experts psychologues, pour tenter d'expliquer les actes de Christophe Fauviau. Durant trois ans, entre 2000 et 2003, il a introduit du Temesta dans les boissons des adversaires de tennis de ses enfants, entraînant la mort de l'un d'entre eux. «C'était vital pour lui que ses enfants triomphent au tennis pour pouvoir se reconstruire», a indiqué Christian Guyonnet, expert psychologue, devant la cour d'assises de Mont-de-Marsan. Son enfance aurait en effet été marquée par des « fêlures ».

« L'image reçue de ses parents n'était pas structurante et l'image fraternelle destructrice », a souligné Sylvie Bessière, expert psychologue. « Mon père, c'était le grand vide », a regretté hier l'accusé. Une remarque qui a suscité le courroux du vieil homme, 80 ans, venu témoigner. « Dire, que j'étais absent, cela me fout en l'air. Il n'a pas à se plaindre de son enfance quoi qu'il en dise », lui a rétorqué Hubert Fauviau. Ancien pilote d'hélicoptère retraité de l'armée, l'accusé semble avoir été fortement marqué par son frère aîné, Didier. « Je l'ai haï comme le diable toute ma vie », a-t-il lancé. Marqué par « des blessures narcissiques », Christophe Fauviau aurait agi « dans un but de réparation de lui-même », en voulant assurer, à n'importe quel prix, la victoire de son fils Maxime, 18 ans, et de sa fille Valentine, 15 ans... Qui demeure un espoir du tennis français.

Sophie d'Ambra

verdict Les quatre avocats de la trentaine de parties civiles ont commencé à plaider hier soir. Le verdict est attendu dans la soirée. Christophe Fauviau encourt vingt ans de prison pour la mort d'Alexandre Lagardère, en août 2003.