Des friches de plus en plus animées

Marion Guillot

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Avec ses grilles fermées, ses murs tagués et ses herbes folles, l'ancienne caserne Niel a toujours des airs de no man's land. Cette immense friche de 30 hectares, située sur la rive droite de Bordeaux et appartenant à la communauté urbaine de Bordeaux (CUB), devrait accueillir l'écoquartier Bastide-Niel à l'horizon 2020. C'est l'un des ensembles immobiliers qui devrait permettre à la ville d'atteindre 50 000 logements et 100 000 habitants supplémentaires, dans la perspective de devenir une métropole millionnaire en 2030.
En attendant l'arrivée des grues sur le site, d'autres activités se développent, à l'ombre des hangars. A l'entrée de l'ancienne caserne, le projet Darwin est sur le point de se lancer. Ce projet privé rassemblera des PME éco-créatives œuvrant dans le secteur du développement durable. La démarche est assez unique en son genre, puisqu'« il s'agit de convertir un patrimoine de 1860 en bâtiments basse consommation (BBC). La réhabilitation des bâtiments sera exemplaire au niveau énergétique tout en sauvegardant le patrimoine », résume Mathieu Immer, coordinateur de Darwin. Ce projet « vitrine », chiffré à 13 millions d'euros, bénéficie du soutien et de l'accompagnement de la ville, de la CUB, de la région et de l'Europe. Il s'accompagnera d'un restaurant bio et d'une supérette Biocoop, dont les travaux commenceront dès cet été, dans l'ancien « magasin général » de la caserne. L'école de communication visuelle (ECV) y implantera également une partie de ses locaux.
Un peu plus loin, un hangar est déjà « habité » : à l'intérieur, des ateliers d'artistes, des mini-salles de projection installées dans des containers et même un skate-park indoor en cours d'installation. La Smala, compagnie bordelaise de hip-hop et championne de France, rejoindra l'aventure d'ici peu. Deux collectifs de graffeurs sont également de la partie. Ce lieu dédié aux cultures urbaines est géré par l'association « la 58e ». Fondée par Lucas Lopes, elle réunit 70 adhérents. « La CUB nous loue les locaux pour une somme modique jusqu'en 2013 », explique-t-il, « le but étant de mettre de la vie dans la caserne, en attendant le démarrage des grosses opérations immobilières. »