Le lait de la ferme débarque en ville

Marion GUillot

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«On sent la différence. Il a du goût, il est épais et un peu gras... On va pouvoir faire des crèmes avec », se régale d'avance Jean. A 9 h hier matin, ce retraité est venu chercher son litre de lait frais au distributeur automatique de la place Nansouty. « Avec ma femme, on a testé pour la première fois dimanche. On l'a trouvé tellement bon qu'on est revenu aujourd'hui », précise le vieux monsieur dans un rire enfantin.

Bientôt à Mériadeck
Deux étudiants, Julian et Sabrina, introduisent à leur tour la monnaie dans la machine (1,10 € le litre et 0,40 € la bouteille consignée) : « Ça rapproche un peu la campagne et la ville », philosophe le jeune homme, alors que son amie se remémore son enfance dans la campagne bavaroise : « Quand j'étais petite, j'allais chercher le lait à la ferme. Là, c'est un peu pareil... » L'appareil, mis en service samedi dernier, a déjà attiré de nombreux curieux. « J'ai écoulé entre 100 et 200 litres chaque jour », précise Charles Labrouche, le jeune agriculteur à l'origine du concept, qui élève une cinquantaine de vaches laitières au Nizan, dans le Bazadais. Il a installé sa première machine il y a deux ans dans le centre-ville de Langon. Là-bas, il distribue « entre 60 et 70 litres par jour en moyenne ». Le marché bordelais s'annonce donc très prometteur.
Soutenu par la mairie, le jeune homme s'apprête à livrer une deuxième machine à Mériadeck, dans le courant du mois de juin. « L'objectif n'est pas de multiplier les distributeurs, explique-t-il. Mon but, c'est de proposer un produit frais de qualité et de valoriser ma production. » Quand on sait qu'une coopérative laitière lui achète le litre 0,30 €, on le comprend.