Un albâtre attendu comme le messie

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De quoi relancer le débat sur la surveillance des églises. Hier soir, les acteurs politiques, culturels et religieux de la ville étaient réunis au musée d'Aquitaine pour fêter le retour du Saint Jean-Baptiste en albâtre, disparu de l'église Saint-Michel en 1984, avec six autres bas-reliefs du xve siècle.

Le vol était passé inaperçu jusqu'en 1993, ses auteurs ayant remplacé les originaux par des copies en plâtre. C'est au hasard d'une succession que des antiquaires se sont aperçus qu'ils n'étaient plus à Saint-Michel... Entre-temps, un collectionneur suisse avait acquis le Saint Jean-Baptiste de bonne foi en 1985 pour 16 000 euros. « Il a fini par accepter de le rendre sans contrepartie financière, mais à condition qu'il soit montré au public », s'est réjoui hier Christian Deydier, président du syndicat national des antiquaires, qui a concouru à sa restitution. Le bas-relief sera ainsi exposé jusqu'au 24 mars dans le hall du musée d'Aquitaine. Des négociations sont en cours pour récupérer quatre des sept albâtres, toujours entre les mains d'un collectionneur américain.

Marion Guillot