Le conseiller du pape à l'aise dans ses terres

©2006 20 minutes

— 

 
  — 20 Minutes

Au pompeux titre d'« Eminence », il préfère le modeste « mon père ». C'est avec la plus grande simplicité que Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et évêque de Bazas, a accueilli, le 22 février dernier, l'annonce de sa nomination au rang de cardinal par le pape Benoît XVI. « J'ai été très touché de cette marque de confiance du Saint-Père », commente celui qui ne s'était pourtant jamais imaginé parvenir à une telle fonction. A ses yeux, cette nouvelle responsabilité est le prolongement d'un chemin de foi commencé à 14 ans. « Ce jour-là, j'ai entendu cet appel du Christ qui m'a dit : viens, suis moi », se souvient Jean-Pierre Ricard, ordonné prêtre à l'âge de 24 ans.

Depuis sa nomination, l'évêque bordelais n'a « rien changé à son mode de vie ». Tout juste, s'imagine-t-il « passer un peu plus de temps à Rome », où l'appelleront régulièrement ses nouvelles fonctions. Mais c'est sur ses terres girondines, qu'à 61 ans, il se sent « le plus heureux ». « Lorsque je suis arrivé à Bordeaux en 2001, j'ai eu envie de m'y enraciner », raconte avec bonhomie et une pointe d'accent méridonial Jean-Pierre Ricard, qui, depuis cinq ans, occupe également la fonction de président de la conférence des évêques de France. « Désormais, je me sens davantage Bordelais que Marseillais, même si on n'oublie jamais ses racines. » Sur cette nouvelle terre d'adoption, il s'est notamment initié à la culture du vin, « riche de tout un savoir-faire ».

Ce grand travailleur consacre une grande partie de son temps à réfléchir aux problèmes de notre société. « Nous ne pouvons pas vivre en multipliant actes antisémites et réflexes racistes, en refusant l'autre sans le connaître », martèle avec force cet homme de consensus. Impliqué dans le problème du rapprochement avec les traditionalistes, installés à Bordeaux dans l'église Saint-Eloi, il affirme qu'« il y aura un long travail de compréhension et d'accueil mutuel avant que la pleine communion soit réalisée ».
Sophie d'Ambra

photos Nicolas Tucat

Père Jean Rouet, vicaire général à Bordeaux « C'est un homme entreprenant et positif devant l'adversité. Il a une grande capacité de travail et une facilité apparente pour passer d'un sujet à l'autre avec une grande disponibilité d'esprit. Dans son ancien diocèse, on disait qu'il avait la vitesse du TGV. A Bordeaux, c'est la vitesse du rafale. » Bernard Colle, cousin et ami de Monseigneur Ricard « C'est quelqu'un ouvert d'esprit et qui a gardé une grande simplicité en dépit de ses responsabilités. Il parle avec le même ton, qu'il s'adresse à quelqu'un de simple ou d'importance.