les éleveurs vont manquer de fourrage pour le bétail

elsa provenzano

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Pascal Vigean sur son exploitation de Saint-Sauvin dans le nord Gironde.
Pascal Vigean sur son exploitation de Saint-Sauvin dans le nord Gironde. — s.ortola / 20 minutes

C'est le nœud au ventre que Pascal Vigean, éleveur de bovins, envisage de vendre des animaux pour passer le cap de l'hiver si la sécheresse persiste.
Depuis quelques semaines les éleveurs se sont attelés à l'ensilage qui consiste à compacter du fourrage destiné à nourrir les bêtes pendant l'hiver. Le constat est accablant : « mon rendement a été divisé par deux », raconte Pascal Vigean dont l'exploitation à Saint-Savin en Gironde compte 130 têtes et 40 hectares de cultures. Une situation qui touche tous les éleveurs du département selon Franck Ballester, directeur de la fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles de la Gironde. « La baisse du rendement de fourrage est de l'ordre de 20 à 50 %» assure t-il.

Les céréaliers à la rescousse
Le syndicat a écrit aux municipalités du département pour demander que des récoltes de foin puissent être réalisées sur les terres en jachère des céréaliers. Pascal Vigean a lui choisi de semer du maïs sur une parcelle de 15 hectares irriguée grâce à un réseau collectif.Il espère ainsi en récolter suffisamment en septembre et octobre pour compléter ses maigres réserves de fourrage. Si, comme en 2005, la récolte s'avère insuffisante il lui faudra acheter des aliments à l'industrie agroalimentaire, une solution très coûteuse. Ni lui ni Marie Henriette Gilet, éleveuse de vaches laitières à la Réole, ne veulent se résoudre à réduire leurs troupeaux avant d'avoir tout essayé. Les éleveurs, non munis de dispositifs d'irrigation pour leurs cultures, pourraient être aidés par ceux qui sont équipés car « soit ils n'ont pas pu semer car la terre était trop dure, soit les semis n'ont pas levé », résume Franck Ballester. La profession espère quelques bonnes averses avant la fin du mois.