solidarité avec la famille

eric bordage

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Des visages graves, à la mesure du drame qui s'est joué mardi sur le parking de l'agence France Télécom à Mérignac. Hier matin, l'heure était au recueillement pour les 300 agents du groupe, réunis devant la direction, à Bordeaux, pour soutenir la famille du salarié de 57 ans, père de quatre enfants, qui s'est donné la mort en s'immolant par le feu. Gilbert, ami de la victime prend la parole : « C'est la première fois qu'une famille vient se recueillir avec les salariés car elle estime que les choses doivent cesser. On ne peut plus continuer comme ça. Avant de demander une minute de silence, nous attendons que les membres de la direction se retirent car c'est indécent qu'ils soient là. Il aurait fallu s'en préoccuper avant... ». Les proches de ce cadre, qui travaillait à France Télécom depuis 30 ans, devraient s'exprimer dans les jours à venir.

« Il était en souffrance »
Les questions fusent depuis mardi. On parle beaucoup d'un mail envoyé par la victime à la direction. Un document auquel devraient s'intéresser les enquêteurs de la police judiciaire Bordelaise qui dirige les investigations.« Ce mail date d'il y a plus de deux mois. Je pense que s'il était à l'origine de ce drame, Rémy aurait fait ce geste en suivant » déclarait hier Florence Baillard-Bordes, coordinatrice de la CFDT pour la région Aquitaine, ajoutant : « Il n'était pas bien, il se posait des questions sur le fait qu'il allait rester ou non à France Télécom. On sentait qu'il était en souffrance ». Pour les organisations syndicales, c'est du côté des mutations multiples de ce salarié qu'il faut chercher l'explication de ce drame : « Il a eu quelques mutations. Les postes qui lui étaient proposés n'étaient pas à la hauteur de ses compétences et de son grade » poursuit la représentante de la CFDT qui insiste sur la nécessité de « mettre en application au plan local les accords nationaux signés sur le stress au travail et sur l'équilibre vie privée vie professionnelle ».