Stopper la recrudescence de la rougeole

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« Les personnes nées après les années 80, soit les trentenaires actuels, n'ont pas souhaité se faire vacciner plus jeunes et n'ont pas été en contact avec le virus. Ils représentent donc le réservoir des gens à risque », analyse Véronique Desvignes, pédiatre et secrétaire de l'association AFPA, association française de pédiatrie ambulatoire.Selon cette spécialiste, la réticence de cette génération à se faire vacciner s'explique par la peur des nouveaux vaccins et des effets secondaires. Elle dénonce également « le succès actuel des naturopathes qui racontent à leurs patients qu'il faut attraper la maladie pour mieux y résister par la suite. » Cette pédiatre rappelle que la seule protection contre la rougeole, qui peut s'avérer grave et qui est très contagieuse, est la vaccination. « D'autant plus que deux tiers des gens qui contractent la rougeole ne se rendent pas compte de leurs contaminations », souligne Véronique Desvignes. Avis aux jeunes parents : le mieux est de vacciner son enfant une première fois à 1 an, 9 mois selon les nouvelles recommandations vaccinales s'il est en collectivité, et une deuxième fois entre 16 et 18 mois, en tout cas au plus tard à 2 ans. L'agence régionale de santé, à l'occasion de la semaine de la vaccination qui a débuté hier, rappelle que la vaccination avec deux doses des personnes âgées de 1 à 31 ans permettrait une lutte efficaceE. P.

des chiffres inquiétants

L'Aquitaine enregistre +49% de cas de rougeoles déclarés soit 136 cas en 2009 et 204 en 2010. Des chiffres qui correspondent à la hausse nationale. En Gironde, l'agence régionale de la santé et l'inpes, institut national de prévention et d'éducation pour la santé parlent d'une forte avancée de l'épidémie avec 100 cas déclarés en 2010 contre 64 en 2009.