Du vert sur les berges de la rive droite

elsa provenzano

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En 2016, plus 4 500 arbres auront été plantés dans le parc aux angéliques de Bordeaux.
En 2016, plus 4 500 arbres auront été plantés dans le parc aux angéliques de Bordeaux. — j-P.vincent / 20 minutes

Dix hectares de prairies fleuries et rustiques vont sortir de terre d'ici 2016 sur une rive droite en pleine mutation. Et pour son parc aux angéliques, la mairie de Bordeaux espère la labellisation écologique grâce à une démarche environnementale innovante qui se retrouve jusque dans les travaux respectant la charte « chantier vert ». « En 2010, la mairie a demandé une étude d'impact à un bureau d'étude environnemental qui a préconisé une zone tampon de 10 à 15 mètres entre les bords de berge, classés Natura 2000, et le début du parc », explique Damien Butin, chef de service à l'aménagement des espaces verts. Il s'agit de maintenir les écosystèmes, favoriser la biodiversité et permettre aux espèces de se développer dans les meilleures conditions. Afin de protéger, notamment, l'angélique des estuaires, une plante rarissime présente sur les bords de la Garonne et qui vaut le classement actuel des berges.

6,5 millions de budget
Cette prise de conscience s'est opérée il y a 6 ans : le mouvement des jeunes socialistes (MJS) avait dénoncé la destruction de ces plantes au profit d'un «  gazon propret pour attirer les promoteurs immobiliers », se rappelle Etienne Valois du PS. En 2016, plus de 4 500 arbres auront été plantés sur le site, avant tout des espèces indigènes : frênes, chênes, aulnes et charmes. Le parc est arrosé de façon très limitée avec de l'eau pompée dans la Garonne. Et il est accessible en vélo : la piste cyclable des berges rejoint celle du parc. Deux petits parkings « dissimulés dans le paysage », selon Damien Butin, seront néanmoins intégrés au site. Le coût du projet, supporté par toutes les collectivités et l'Europe, s'élève à 6,5 millions d'euros. « A terme, l'idée est de créer un maillage le long de la Garonne, une sorte de « coussin vert » de Lormont à Bouliac, contrastant avec une rive gauche très minérale », précise Damien Butin. Des fenêtres naturelles seront ouvertes dans la végétation afin de pouvoir admirer la rive gauche, tout en se prélassant rive droite.