Haro sur Les voleurs de cuivre

Marion Guillot

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Les câbles électriques des travées d'irrigation sont la nouvelle cible privilégiée des voleurs de cuivre.
Les câbles électriques des travées d'irrigation sont la nouvelle cible privilégiée des voleurs de cuivre. — Gilles ARROYO / 20 Minutes

Les agriculteurs girondins n'en dorment plus la nuit. Depuis quelques mois, les voleurs de cuivre ne s'attaquent plus seulement aux voies ferrées et aux chantiers de BTP. Ils multiplient désormais les raids nocturnes dans les exploitations agricoles. Leurs cibles : les travées d'irrigation, gigantesques structures métalliques bardées de câbles électriques, qui assurent la bonne alimentation en eau des cultures.

10 000 dollars la tonne de cuivre
Alors que les cours du cuivre ne cessent de grimper – aux alentours de 10 000  dollars la tonne actuellement –, ces câbles électriques de plusieurs dizaines de mètres de long alimentent un business juteux. Ils contiennent en effet cinq fils de cuivre chacun. Face à l'ampleur du phénomène – les vols de cuivre ont augmenté de 166% dans le Sud-Ouest entre 2009 et 2010 et de 600 % en Gironde – un nouveau plan d'action, qui couvre les quatre régions Aquitaine, Poitou-Charentes, Limousin et Midi-Pyrénées, a été élaboré (lire ci-contre). Objectif : « mettre un coup d'arrêt à ce trafic avant l'été », souligne le préfet délégué à la sécurité, Marc Burg. Et aussi apaiser la colère des agriculteurs. « Ils sont exaspérés et une milice était en train de se créer », indique la Fédération des exploitants agricoles (FDSEA). En Gironde, depuis début janvier, 232 travées d'irrigation ont été vandalisées, selon la FDSEA. « Ils vont nous mettre à genoux », dénonce Pascal Marchand, directeur du Domaine des Pins, à Cestas. Située aux portes de Bordeaux, cette exploitation de 550 hectares (maïs et légumes) a été visitée trois fois. « Depuis début janvier, on nous a volé pour 15 000 euros de câbles et lors du dernier vol, 850 mètres ont disparu en une nuit... » Les portails cadenassés n'arrêtent pas les malfaiteurs. Quant aux détecteurs de mouvements, « ils n'ont pas une portée suffisante pour être efficaces ». Autre souci : les délais d'attente, qui s'allongent chez les fournisseurs de câbles électriques. Alors que la « période critique de juin-juillet » approche, le responsable du Domaine des Pins ne cache pas son inquiétude : « Si la culture manque d'eau pendant huit jours, on pourra faire une croix sur la récolte », déclare-t-il.