Ta main contre un plateau-repas

Marion Guillot

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Au lycée des Graves, 50 demi-pensionnaires sur 1 200 au total ont refusé d'utiliser le système biométrique.
Au lycée des Graves, 50 demi-pensionnaires sur 1 200 au total ont refusé d'utiliser le système biométrique. — Gilles Arroyo / 20 Minutes

A l'heure du déjeuner, les élèves du lycée des Graves à Gradignan s'adonnent à un curieux rituel : avant de prendre leurs plats au self, ils entrent un code sur un clavier, puis posent leur main sur un écran. Quelques secondes plus tard, un plateau leur est délivré automatiquement. Ce système de reconnaissance biométrique, mis en place il y a trois ans à Gradignan, est une exception au niveau régional (lire encadré).

Une cinquantaine de réfractaires
La machine, soumise à une autorisation de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), ne lit pas les empreintes digitales, seulement le contour de la main. Avantage mis en avant par le proviseur, Marc Chauvet : « les élèves n'oublient plus leurs cartes de cantine ». Un type d'étourderie qui, avec 1 200 demi-pensionnaires sur 1 260 inscrits, pouvait enrayer la chaîne de distribution des repas, qui s'effectue sur un temps limité. Pour le personnel de service, le système constitue en tout cas « une amélioration des conditions de travail », note Yvette Boulle, agent chef du lycée. « On manipule deux fois moins les plateaux ».
Le son de cloche est un peu moins positif parmi les élèves : « c'est un peu gênant, on a le sentiment d'être fichés », reconnaît Chloé, avant de poser sa main sur l'écran. « Et ça va lentement, surtout quand ça bugge », ajoutent Maxence et Lili. Charlelie, lui, fait partie de la cinquantaine de réfractaires qui préfèrent utiliser une carte magnétique « pour des raisons idéologiques », dit-il. « Ce qui me dérange, c'est qu'on banalise ce type de procédés policiers dans la société. Pour moi, scanner une partie du corps, c'est comme un viol de l'intimité. » Les surveillants regrettent quant à eux « la perte de relation humaine avec les élèves. Avant, on les pointait un par un, on savait tout de suite qui était là ou pas », indique Fayçal.

ailleurs en France

La reconnaissance biométrique du contour de la main se multiplie dans les collèges et lycées de l'hexagone. Près de 300 collèges en seraient équipés, selon le fabricant, la société Alise. Les régions Ile-de-France, Rhône-Alpes, Pays de la Loire ou encore Midi-Pyrénées l'ont déjà adopté.