Le centre d’accueil des victimes se sent menacé

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Le centre d’accueil en urgence des victimes d’agression (Cauva) du CHU de Bordeaux serait-il menacé ? Citant notamment le cas de la structure bordelaise, considérée comme un modèle en matière d’accueil des victimes, Claire Brisset, la défenseure des enfants, a alerté mercredi le ministre de la Santé, Xavier Bertrand : « Il y a des incertitudes sur le statut et le financement d’unités médico-légales d’accueil des mineurs victimes dans les hôpitaux ». En effet, dans le cadre de la mise en place du nouveau mode de financement des hôpitaux, la médecine légale, qui s’occupe des victimes, n’est reconnue ni comme activité lucrative ni comme mission d’intérêt général. « En clair, on nous demande de faire payer les victimes alors que notre principe de base est la gratuité », souligne Sophie Gromb, chef du service de médecine légale au CHU de Bordeaux qui chapeaute le Cauva. Ce centre, qui comprend des médecins-légistes, psychologues et assistantes sociales, accueille les victimes d’agressions sexuelles ou de mauvais traitements. Cette prise en charge pluridisciplinaire (psychologique, social, médico-légal et judiciaire) permet aux victimes d’éviter le labyrinthe médico-judiciaire qui suit souvent une agression. « Le Cauva est un système plébiscité en France comme en Europe, mais en raison de la réduction des dépenses de santé, nous sommes menacés à terme », s’inquiète la chef de service. Sophie d’Ambra

prestations Depuis 2000, année de son inauguration, le Cauva a accueilli près de 10 000 victimes, dont 22 % de mineurs. Ouvert 24 h sur 24, le centre a été conçu pour que les victimes reçoivent toutes les prestations auxquelles elles ont droit dans un même lieu et dans un temps limité.