La CUB devient le premier VRP de l’APS

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Pour chaque kilomètre d’APS (alimentation par le sol) vendu par Alstom, la CUB recevra un chèque. C’est le principe de l’accord de partenariat qui a été signé hier entre le président de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB), Alain Rousset (PS), et le président d’Alstom Transport, Philippe Mellier. Ce dernier était à Bordeaux pour rendre des comptes alors que vient de s’achever l’ultimatum adressé au groupe industriel par Alain Rousset en 2005. Après un mois de juin catastrophique, marqué par des pannes à répétition, le président de la CUB avait tapé du poing sur la table et exigé que le tram atteigne un niveau de disponibilité de 99 % avant la fin de l’année. « L’objectif est atteint », a annoncé hier Philippe Mellier, chiffres à l’appui. « Nous sommes désormais à 99 % de disponibilité sur l’ensemble du réseau, 99,4 % sur la partie APS », a-t-il souligné. Pour y arriver, le groupe a investi 10 millions d’euros sur le projet bordelais depuis le mois de juin. Alain Rousset, qui n’a jamais caché son scepticisme face à l’APS, s’est réjoui de voir ce « défi technologique » en passe d’être relevé. « Bordeaux est une vitrine pour l’entreprise, elle doit donc être choyée », a déclaré le président. Après avoir essuyé les plâtres de l’APS, innovation mondiale, la CUB entend donc en tirer quelques bénéfices. C’est l’objectif de l’accord d’intéressement. Mais reste à savoir si ce système, dont les ratés ont fait l’actualité bordelaise pendant des mois, n’a pas déjà perdu toute attractivité. « Nous avons des contacts avec plusieurs villes intéressées, affirme Philippe Mellier. Angers ou Reims en France, Singapour ou Kyoto à l’étranger ». La CUB a d’ailleurs déjà reçu la visite de délégations officielles venues découvrir le premier tramway « sans fil ». D’autres suivront, auxquelles la CUB a désormais tout intérêt à vanter les mérites de l’APS. Sophie Lemaire

abandon En dépit de sa fiabilité croissante et des déclarations récentes, l’APS n’a pas encore totalement convaincu la CUB. Pessac, où Alain Rousset est premier adjoint, a renoncé à la portion d’APS qui était prévue sur la commune dans le cadre de la deuxième phase du tramway. Et la CUB a voté en décembre le lancement du processus d’appel d’offres pour mener des études sur un éventuel abandon de l’APS sur la zone de Lormont-Cenon, où le système est déjà en fonctionnement.