Giraud met ses chauffeurs sur le carreau

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D’ici au mois de juin, les deux sites aquitains de la société de transports Giraud devraient avoir baissé le rideau. La direction Giraud International, basée à Evry-sur-Seine (Essonne), a en effet décidé de fermer la filière Sud-Ouest du groupe, qui rassemble 110 personnes sur les deux sites de Tarnos (Landes) et Sainte-Eulalie (Gironde). Le plan social devait être présenté aux représentants du personnel fin décembre, mais ces derniers ont contesté la procédure de façon à retarder l’échéance. Celle-ci paraît pourtant inéluctable. Les deux sites connaissent d’importantes baisses d’effectifs depuis plusieurs années, et bien qu’elle refuse pour le moment de s’exprimer sur le contenu du plan social, la direction de Giraud confirme la fermeture prochaine de sa filiale. « C’est une offense faite aux salariés des transports de notre région », accuse le secrétaire régional de la CFDT Transports, Dominique Pesquey. Le syndicat dénonce les pratiques « antisociales » de l’entreprise. « Giraud a fait baisser ses effectifs aquitains et confié le travail à des filiales espagnoles ou portugaises, où les chauffeurs sont payés à peine 300 à 500 e par mois. » « Le problème Giraud est le reflet de la situation très grave que connaît la filière, réagit Gilles Mathelie-Guinlet, du syndicat patronal de transporteurs Otre. C’est pourquoi nous demandons les mêmes conditions de travail et de compétitivité que nos voisins. » Les chauffeurs attendent avec inquiétude de connaître leur sort. « Nous voulons défendre nos intérêts, mais aussi délivrer un message national, explique Primi Estar, représentant du personnel. La branche transports française est en train de crever gentiment. » Sophie Lemaire

emplois 110 emplois directs seraient concernés par la fermeture de Giraud Sud-Ouest. (59 à Sainte-Eulalie et 51 à Tarnos). La CFDT estime qu’une centaine d’emplois indirects sont aussi menacés.