Les agriculteurs veulent négocier à tout prix

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C’est reparti pour les actions « coup de poing ». La Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) a l’intention de monter au créneau pour que la grande distribution assure aux producteurs une rémunération décente. Le syndicat a adressé, fin décembre, une lettre aux responsables de grandes surfaces en vue de trouver des accords. Si ces derniers ne réagissent pas, l’affaire devrait se régler dans les rayons... « Certaines enseignes sont prêtes à mettre en place des partenariats afin de valoriser nos produits. En revanche, les hard-discounts n’ont pas répondu à notre courrier », regrette Franck Ballester, directeur de la FDSEA. Pour les professionnels, voir une bouteille de Bordeaux vendue à 1 e dans un hard-discount n’est plus acceptable. « Le négoce achète à bas prix pour répondre aux promotions temporaires, et c’est toute la production qui en pâtit », explique Franck Ballester. D’autant que les marges des grandes surfaces sur le vin sont importantes – parfois 100 %, quand le magasin achète directement à un producteur. Elles le sont également sur les fruits, les légumes ou le foie gras. « Le prix des salades peut être multiplié par 10 ou par 6 quand celui du vin est multiplié par 2 », précise la FDSEA. La grande distribution récuse ces accusations. Chez Auchan, on assure que « ce sont les producteurs qui fixent les prix » et qu’aucune réclamation n’a été faite depuis quatre ans. De son côté, Carrefour affirme s’être engagé à acheter des produits à certains producteurs. Mais selon le syndicat, les contrats initiaux sont souvent modifiés par des avenants. Et les producteurs se retrouvent pieds et poings liés car, quelque soit le prix, la grande surface reste le client incontournable. Orianne Dupont

loi La FDSEA souhaiterait que l’Etat moralise les rapports entre les producteurs et la grande distribution. La fédération propose une loi qui fixerait un coefficient multiplicateur pour adapter le prix d’achat au prix de vente.