Les petits commerces exclus du centre-ville

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« Certains secteurs du centre-ville sont aujourd’hui presque inaccessibles au commerce indépendant. » La présidente de l’association du grand commerce bordelais, Suzy Cathala, ne fait que traduire le sentiment général. Inutile de chercher une boutique indépendante en haut de la rue Sainte-Catherine ou dans la rue Porte-Dijeaux. Quelques-unes, d’implantation ancienne, résistent encore, mais aucune ne peut désormais espérer y ouvrir ses portes. En quelques années, les prix des fonds de commerce et des loyers ont flambé dans le secteur. « Pour 100 m2 bien situés, certains vont jusqu’à réclamer 1 million de droit au bail et des loyers de 10 à 12 000 e. C’est complètement extravagant », juge Marc Fournier, responsable du commerce à l’agence immobilière Tourny Meyer. Conséquence : seule les grandes enseignes sont susceptibles de franchir le pas, reléguant le « petit » commerce dans les rues adjacentes. « C’est un sujet d’inquiétude pour nous, affirme Suzy Cathala, car ce sont ces boutiques indépendantes et originales qui différencient le centre-ville des galeries commerciales de périphérie. » Mais la hausse est telle que même certaines chaînes ont préferé renoncer, au profit de banques ou de sociétés d’assurances, qui réalisent des marges plus importantes. La tendance est toutefois à l’accalmie. « Le commerce ne marche pas assez pour justifier de tels tarifs, affirme Marc Fournier. Il va donc forcément falloir se calmer ». Sophie Lemaire

indicateur La valeur locative en centre-ville, indicateur utilisé par les professionnels du secteur, est passée de 690 e/m2 en 2002 à 864 e/m2 au deuxième semestre 2005 dans l’hypercentre de Bordeaux.