des toits pour 200 roms

orianne dupont

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Dans un squat de Cenon.
Dans un squat de Cenon. — s.pouzet / 20 Minutes

La maîtrise d'œuvre urbaine et sociale (Mous) pour les Roms, créée en janvier 2010, se concrétise. Vendredi, le président de la CUB a annoncé que six à huit bâtiments lui appartenant à Bègles, Blanquefort, Bordeaux, Eysines, Le Bouscat et Talence pourront accueillir une vingtaine de familles, soit 100 personnes environ, sur les 450 que compte l'agglomération. Un inventaire des terrains susceptibles de permettre l'installation, au coup par coup de 2 à 3 chalets maximum, est également en cours. A terme, la CUB prévoit de loger progressivement entre 150 et 200 personnes, dès le mois d'avril. Mais uniquement celles qui bénéficient d'un accompagnement social.

Des inquiétudes sur le suivi social
La mission Roms de Médecins du Monde s'interroge sur ce point.« Cette démarche de relogement est positive, mais qui en assurera le suivi social ? », se demande Paul Lanusse-Cazalé, de Médecins du Monde, qui ajoute que « l'on aurait aimé résoudre ce problème avant celui du logement ». Selon ses informations, la Mous devrait prendre fin en juin. Jusque-là, le centre d'orientation sociale (COS), chargé du diagnostic de la population, s'occupe de l'aspect social de la mission, mais après ? « Nous avons vécu la situation quai Richelieu où des familles ont été relogées en 2008 et ça n'a bougé sur la question sociale qu'en 2010... Leur capacité à garder un travail et un logement sans suivi est incertaine », s'inquiète le médecin. « L'accompagnement social se fera sur du plus long terme, assure Philippe Ellias, directeur du COS, ça ne s'arrêtera pas fin juin ».
Selon Médecins du Monde, il faudrait une plateforme physique pour l'accompagnement social et l'insertion. « S'ils avaient des démarches à faire en dehors des squats, on verrait tout de suite qui sont les plus motivés. Aujourd'hui, ces familles ne savent pas où s'adresser ».

incendies

En deux ans, cinq squats ont pris feu : avenue Thiers à Bordeaux, à Floirac, à Cenon et à Bacalan. L'origine du feu provenait à chaque fois d'une installation électrique défectueuse. De nouveaux squats ont vu le jour après chaque incendie.