A Bordeaux, Juppé s'appuiera sur son équipe... et son iPhone

POLITIQUE L'opposition doute de sa capacité à gérer la mairie et son nouveau ministère...

Orianne Dupont

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Hier, Alain Juppé s'est dit « heureux » d'être au gouvernement.
Hier, Alain Juppé s'est dit « heureux » d'être au gouvernement. — s.pouzet / 20 minutes

Avec son poste de ministre des Affaires étrangères, dont il prend officiellement les fonctions ce matin à l'issue de la passation de pouvoirs avec Michèle Alliot-Marie, Alain Juppé est une fois de plus interrogé sur sa capacité à être un maire à plein temps. Promesse qu'il avait faite durant sa campagne et après sa réélection en octobre 2006.

D'autant que François Fillon a annoncé lundi sur RTL qu'Alain Juppé serait «moins présent à Bordeaux». «Je vais être présent régulièrement, a-t-il nuancé lundi avant de présider le conseil municipal, et j'ai un iPhone, j'envoie des SMS toute la journée.»

Mais c'est surtout à son équipe qu'il paraît s'en remettre, qu'il estime «rodée et unie», ce que l'opposition semble confirmer (lire ci-dessous). Il précise d'ailleurs qu'entre 1995 et 1997, il était à la fois maire et Premier ministre et que «ça n'a pas été la plus mauvaise période pour Bordeaux».

«Si la loi change, je choisirai Bordeaux»

Dès son entrée dans la salle du conseil, après la  standing ovation» de ses adjoints et du public venu en nombre, il précise les choses d'emblée. «Le cumul des mandats est légal, mais si la loi change, je choisirai Bordeaux». Nouvelle salve d'applaudissements.

Mais ses propos ne semblent pas convaincre l'opposition. «Depuis qu'il est au gouvernement, on constate qu'il y a plus de délibérations reportées, indique Vincent Maurin, élu communiste, il faut déléguer davantage, mais Bordeaux n'en pâtira pas.»

Autre écho du côté des socialistes: «Les journées ne font que 24 heures et je crains qu'Alain Juppé ne soit présent qu'à mi-temps, souligne Jean-Michel Perez, certains dossiers vont prendre plus de temps car des décisions ne peuvent être prises qu'en sa présence, il faut choisir entre la Lybie et le deuxième canton, il n'y a aucune honte à déléguer.»

Dans la rue

Les Bordelais ne se montrent pas inquiets. «L'intérêt du pays, c'est aussi celui de Bordeaux», se réjouit Bernard, 61 ans. Pour Nelly, 25 ans, «cette nomination ne l'empêchera pas de mener ses tâches à bien, la ville avance.» Pour Youssoupha, ce nouveau poste «n'est pas aussi prenant».