Le tramway redonne vie à Ravesies

©2006 20 minutes

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« Ici, c'est un peu l'Eldorado ! Beaucoup de commerçants veulent s'y installer

On sent que ça bouge », s'exclame le propriétaire du Petit camion, vendeur de kebabs, installé sur la place Ravesies

Premiers indices de ce vent de renouveau : les travaux qui battent leur plein avenue Emile-Counord, en vue de l'arrivée du tramway

Autres signes : l'installation sur la place, fin 2005, de Gaz de Bordeaux et la construction de 5 000 m2 de bureaux par Bouygues Immobilier

Mais les urbanistes ont encore du pain sur la planche tant la place a une image négative

Le flot continuel de voitures sur les boulevards, les immeubles monumentaux, les terrains en friche, l'absence de commerces et de verdure donnent un visage austère au quartier

« Durant les années 1970 à 1990, Ravesies a été laissé à l'abandon alors qu'un plan d'aménagement était pourtant prévu pour faire la liaison entre le quartier du Lac, nouvellement construit, et le centre de Bordeaux », explique Nicolas Drouin, directeur d'études à A'Urba, l'agence qui coordonne les projets urbanistiques à Ravesies

Puis le renforcement du pôle médical autour de la clinique Bordeaux-Nord, la destruction d'un tissu d'échoppes vieillissantes et l'arrivée de bureaux ont transformé le quartier en un pôle dédié aux activités tertiaires

« Mais, avec l'arrivée du tram, on s'oriente vers une idée de mixité en mêlant bureaux, commerces et logements », ajoute Nicolas Drouin

En 2006, 12 000 m2 de bureaux construits par le groupe Lazard verront le jour au sud de la place

De même commencera le chantier du parc-relais du tram, côté Bouscat, sur le site de la gare Saint-Louis, avec 400 places de parking, un parvis et un immeuble de neuf étages

Enfin, au fil des ans, la place devrait s'humaniser

Des parvis piétonniers accueilleront commerces, terrasses et verdure

« Ravesies est la première occasion de casser la barrière routière que constituent les boulevards

Ainsi, l'idée d'un passage routier souterrain sous la ligne du tram a été abandonnée afin de privilégier l'usage des transports en commun et redonner vie au quartier », précise Nicolas Drouin

Marianne Peyri