Des képis même en ville

Éric BORDAGE

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A Libourne, le possible remplacement des policiers par un renfort de gendarmes commence à faire du bruit. Plus de deux cents fonctionnaires du ministère de l'intérieur ont manifesté le 14 décembre dernier, dans les rues de la ville, pour demander le maintien de leur commissariat.

Des inquiétudes pour la sécurité
« Je n'ai rien contre nos collègues gendarmes, mais là où nous sommes 69 pour 23 500 habitants et 2 500 lycéens, le renfort réel des gendarmes sera de 25 hommes. L'objectif est de réaliser des économies », analyse Patrice Gravier, délégué local du syndicat Unité SGP Police à Libourne. Il évoque « une prime de 2800 € » attribuée à chaque policier pour fermeture de poste : « en six mois elle sera rongée en frais de transport et de garde d'enfants », proteste-t-il. « Quand je me suis installé, il y a dix ans, il y avait des problèmes de sécurité. Le travail de la police a permis de les régler. J'ai bien peur de devoir à nouveau me charger du service d'ordre si le commissariat disparaît. » Patrick Nioteau, le patron du Café de l'Orient, en centre ville, est un ancien officier de réserve de la gendarmerie. S'il ne met nullement en cause la qualité du travail des gendarmes, il insiste sur les différentes missions dévolues aux deux corps : « les gendarmes sont affectés sur des zones et moins rompus au travail de proximité en ville », observe-t-il. De son côté, le maire PS de la ville, Gilbert Mitterrand, a écrit au Premier ministre pour exprimer son « interrogation sur les conséquences en termes de sécurité » et dénoncer une « méthode qui privilégie la mise devant le fait accompli ».

Fin novembre, le préfet de la Gironde a annoncé la possible création d'une police d'agglomération. Les policiers auraient ainsi compétence à Eysines, au Haillan, à Bouliac et à Artigues, secteurs actuellement dévolus à la gendarmerie.