Garde à vue prolongée pour Bernard Seurot

Eric Bordage

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L'ex-maire de Bruges dans le collimateur de la justice.
L'ex-maire de Bruges dans le collimateur de la justice. — J-p.Vincent/20minutes

La garde à vue de Bernard Seurot, 69 ans, ex-maire de Bruges, entamée mardi, a été prolongée hier dans le cadre d'une affaire de corruption présumée. Dans la matinée, les policiers de la division des affaires économiques et financières de la direction interrégionale de la police judiciaire étaient présents dans les bureaux de la mairie pour continuer à éplucher les dossiers. C'est le dernier épisode d'une crise qui prend naissance le 17 septembre dernier lorsque quatorze élus divers droite de la majorité démissionnent, mettant en cause la probité du maire, et transmettent le dossier à la justice. « Nous avons remis des documents concernant une collusion avec des promoteurs de la ville », déclarait le 28 octobre Marie-Pierre Saingou, ex-adjointe de Bernard Seurot, démissionnaire et candidate malheureuse à l'élection municipale partielle du 14 novembre.

« Une prime donnée aux délateurs »
Egalement en ligne de mire des enquêteurs, les travaux dans la maison de l'ancien maire à Arcachon et une société de chasse en Espagne où Bernard Seurot conviait des chefs d'entreprises. La justice est donc passée à la vitesse supérieure ces dernières quarante-huit heures en perquisitionnant les locaux municipaux et le domicile de Bernard Seurot, interpellé mardi. La secrétaire de l'ex-maire et un employé municipal ont également été placés en garde à vue puis relachés hier. En milieu d'après-midi, Mes François Tosi et Sylvain Galinat, défenseurs de Bernard Seurot, réagissaient vivement : « La mise en garde à vue brutale de Bernard Seurot au lendemain d'élections provoquées à dessein sur des dénonciations constitue une prime inacceptable donnée aux délateurs... Il est regrettable que l'institution judiciaire puisse être instrumentalisée dans ces conditions ». Les deux avocats poursuivaient en rappelant que « tous les enseignements seront tirés sur cette mise en accusation publique de l'ancien maire alors qu'il a lui-même déposée plainte pour des faits liés directement à ces dénonciations.

Réaction

« La nouvelle majorité n'est pour rien dans cette affaire qui s'inscrit dans la continuité des plaintes déposées par l'ancienne équipe municipale. Je faciliterai au maximum le travail des enquêteurs » déclarait hier Brigitte Terraza le nouveau maire socialiste de Bruges ajoutant que la situation était « difficile pour les agents municipaux entendus par la police dans le cadre des investigations ». Le nouveau maire souhaite enfin que « la page soit tournée au plus vite ».